Appel à l'union et à la solidarité de toute la PA

 
Récemment, est survenu un nouvel accident de "morsure", cette fois par un bull-terrier. Ce fait divers, qui a été largement médiatisé, a relancé le débat autour des chiens dits "dangereux". Immédiatement, sans laisser le temps à la raison de reprendre ses droits sur l'émotion, Monsieur Decool, député du Nord, s'est empressé de préconiser, d'une part un renforcement du dispositif légal en place, à travers la catégorisation d'autres races, notamment le bull-terrier, d'autre part l'instauration d'un "casier judiciaire" canin.

De telles propositions, si elles venaient à aboutir, auraient pour conséquence d'accroître encore le nombre des abandons et des euthanasies touchant les races catégorisées, sans pour autant diminuer celui des morsures canines, lequel, rapporté aux seuls chiens dits "dangereux", reste d'ailleurs très anecdotique. 

Depuis la loi de 1999, tous les professionnels du monde canin, vétérinaires, éleveurs, éducateurs et spécialistes du comportement, s'accordent à répéter qu'il n'existe pas de races dangereuses et que la catégorisation est donc une mesure inappropriée, totalement inefficace à résoudre le problème des morsures.

Les pouvoirs publics finiront-ils par entendre leur voix ou une nouvelle vague de répression va-t-elle s'abattre sur les races désignées "dangereuses" ? 

Les lois en vigueur conduisent chaque jour des centaines de chiens à une mort aussi barbare qu'inutile. Quand nos gouvernants auront-ils le courage de rendre public le nombre des euthanasies de chiens catégorisés qui ont été pratiquées dans les refuges et fourrières de France depuis la loi de renforcement de Juin 2008 ? Des établissements d'accueil saturés, des budgets largement insuffisants, voire dérisoires dans certaines agglomérations, un tissu associatif exsangue, contraint de pallier le manque de moyens par des appels permanents à la générosité privée : clairement, notre pays n'assure pas le "service après vente" de la loi de catégorisation et de ses suites. 

Comment Monsieur Le Député Decool peut-il oser envisager d'ajouter encore à ce désastre aux allures de génocide canin ? La démagogie doit se poser des limites. 

Contrairement à l'image qu'en véhiculent leurs détracteurs, les associations de défense des chiens catégorisés ne sont pas constituées de fanatiques irresponsables et de rêveurs impénitents. Elles ont pleinement conscience des difficultés générées par la cohabitation des humains et des chiens dans notre société moderne dite "de progrès". Elles savent aussi "nommer" la cause première de cette problématique, à savoir l'ignorance qui s'est progressivement installée, depuis les années 80, en matière des comportements à tenir face à un chien et de la bonne manière de le gérer. Une ignorance qui se nourrit essentiellement d'anthropomorphisme et c'est là que le bât blesse : en effet, l'anthropomorphisme est une poire économiquement trop juteuse pour que les pouvoirs publics se résignent à le stigmatiser avec toute la conviction et la fermeté nécessaires. C'est pourtant dans ses multiples facettes que réside la principale cause... des morsures canines. 
Apprendre à nos concitoyens qu'un chien n'est pas un humain, telle est la première urgence à pourvoir.

En attendant, toutes les associations de protection animale doivent former un front solidaire, en concertation avec les professionnels du monde canin, pour que de nouvelles dérives législatives ne viennent pas encore aggraver la situation des chiens en France. 

 Association  ASTONROTT

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