Comment t'as pu ?

Le courage d'Athena, une chienne qui "veut juste être aimée"

Athena"Le pire cas de négligence que nous ayons jamais vu" : c'est ainsi que la SPCA de Jefferson, aux Etats-Unis, parle d'Athena, une chienne Pit bull âgée de 3 ans.

11 kilos, la peau sur les os

Lorsqu'elle a été recueillie, elle pesait à peine 11 kilos, soit moins de la moitié du poids d'un chien de sa race et de son âge en bonne santé, et ne parvenait même plus à soulever sa tête.

Comme le montrent les bouleversantes photos publiées par l'association, Athena n'a plus que la peau sur les os.

La pauvre bête souffrait d'anémie et de déshydratation, d'une infection de l'utérus, et de vers du coeur. Elle a été immédiatement conduite dans un hôpital.

"Elle veut juste être aimée"

Les médecins qui se sont occupés d'elle avaient très peu d'espoir de la voir survivre. Mais c'était sans compter sur le courage et la force de cette chienne, qui est aujourd'hui en bonne voie de guérison. En quelques jours, Athena a retrouvé un bel appétit, et a pris un peu plus de 2 kilos. Celle qui porte si bien son nom parvient à nouveau à marcher, et se nourrit de l'amour et la tendresse de ses sauveteurs.

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                                                    Athena pesait seulement 11 kilos quand elle a été récueillie

 

"Elle veut juste être aimée" affirme Robin Beaulieu, le directeur de la SPCA de Jefferson. "Quand je l'ai vue la première fois, je ne pensais vraiment pas qu'elle serait en vie aujourd'huiJe lui ai fait une promesse. Je lui ai dit : si tu te bats, nous serons à tes côtés". Et il ne lui a pas menti !

Joana Castay, la vétérinaire en charge de la chienne, a décidé de ramener Athena chez elle. Elle sera sa famille d'accueil jusqu'à ce qu'elle ait repris suffisamment de forces pour être proposée à l'adoption. "Son regard m'a bouleversée. Et voir aujourd'hui dans ses yeux à quel point elle est reconnaissante d'être aimée, c'est quelque chose de très spécial" confie celle qui prendra soin d'Athena pendant encore 4 mois au moins.

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                                                               Athena se repose chez la vétérinaire qui s'occupe d'elle

Un nouveau marqueur de violence extrême: la maltraitance animale

Un nouveau marqueur de violence extrême: la maltraitance animale

Laurent Bégue, Professeur de psychologie sociale à l'université

Pierre Mendès-France de Grenoble


 L'on assiste aujourd'hui à une forte intensification de la recherche criminologique internationale sur le lien entre les conduites violentes et les mauvais traitements réservés aux animaux.

Depuis certains faits divers ayant eu d'importants échos, comme celui du massacre de Columbine, des études plus systématiques sont menées pour lier la violence envers l'animal et celle envers l'humain.

Le 20 avril 1999, dans le lycée de Columbine, Eric Harris et Dylan Klebold tuaient 12 élèves et un enseignant et blessaient 20 personnes avant de se donner la mort. Tous deux s'étaient vantés dans leur passé d'avoir mutilé des animaux.

Il ne s'agit pas d'un fait isolé. Stéphanie Verlinden et ses collègues de l'université du Pacifique ont étudié les comportements qu'avaient eus avec les animaux les adolescents impliqués dans neuf fusillades mortelles en contexte scolaire, constatant que 45% d'entre eux avaient été auteurs d'actes de cruauté.

De nombreuses autres autopsies psychologiques menées pour comprendre les caractéristiques des tueurs de masse (auteurs d'au moins trois homicides le même jour) ou des tueurs en série (auteurs d'homicides planifiés faisant trois victimes ou plus sur un intervalle de temps plus long et dans des circonstances différente) dévoilent que la cruauté envers les animaux peut constituer un important marqueur de violence envers des êtres humains.

Ainsi, dans une étude rétrospective menée en prison auprès de 36 auteurs de plusieurs meurtres, 36% d'entre eux disaient avoir tué et torturé des animaux durant leur enfance, et 46% avaient commis ces actes de cruauté durant l'adolescence. Dans une autre étude réalisée en milieu carcéral auprès de 180 prisonniers, Brandy Henderson, de l'université du Tennessee, constatait que les actes de violence envers les animaux que déclaraient les prisonniers étaient particulièrement fréquents.


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La cruauté envers l'animal est définie par Frank Ascione, de l'université de Denver, comme un comportement socialement inacceptable qui cause intentionnellement une douleur, souffrance et détresse de l'animal et/ou sa mort. Il s'agit donc d'un ensemble de conduites nocives pour l'animal qui se distinguent de l'exploitation de l'animal pour sa viande ou sa peau, par exemple.

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La littérature psychiatrique admet depuis de nombreuses années que la cruauté envers les animaux chez l'enfant est prédictive de futures conduites antisociales, incluant les violences contre les personnes.

Linda Merz-Perez et ses collègues ont interrogé un échantillon de délinquants violents et non violents incarcérés dans une prison à sécurité renforcée en Floride. 56% des délinquants violents rapportaient avoir commis des actes de cruauté envers les animaux durant leur enfance, contre 20% des délinquants non violents. Les délinquants non violents exprimaient davantage de remords pour ces actes que les délinquants violents.

Dans une autre étude menée auprès de 152 hommes incarcérés ou non, des chercheurs ont comptabilisé que, tandis que 25% des délinquants agressifs rapportaient 5 actes de cruauté envers les animaux ou davantage, ce n'était le cas que de 6% des délinquants non agressifs. Aucun des participants non-délinquants à cette étude n'avait commis 5 actes de cruauté envers des animaux.

Moins soumise à des biais liés à la mémoire des répondants, le suivi d'une cohorte d'enfants à risque a montré que ceux qui avaient eu des conduites cruelles envers les animaux entre 6 et 12 ans avaient une probabilité plus que doublée d'être en contact avec la justice par la suite.

Dans une revue de la littérature, Flynn (2011) a identifié les principaux antécédents de la cruauté envers l'animal chez les enfants: être victime d'abus physique ou sexuel, être témoin de violences entre ses parents, voir ses parents ou des pairs faire du mal aux animaux.

L'une des rares études européennes menées sur le sujet a été réalisée par Sonia Lucia, de l'université de Genève, et Martin Killias, de l'université de Zürich, auprès de plus de 3600 enfants et adolescents suisses de 13 à 16 ans. Les résultats ont montré que 12% d'entre eux (17% des garçons et 8% des filles) ont admis avoir maltraité intentionnellement un animal. 5% des garçons et 1,5% des filles l'avaient fait à plusieurs reprises. Les animaux maltraités étaient des chats ou chiens (29%), des poissons, lézards ou grenouilles (18%), des oiseaux (11%) et d'autres animaux (insectes, gastéropodes, 41%).

Dans environ un cas sur deux, l'acte avait été réalisé en présence d'une ou plusieurs autres personnes. Lorsque les auteurs ont mis en relation les mauvais traitements d'animaux avec les conduites délinquantes et violentes des participants, un lien significatif est ressorti pour tous les types de conduites.

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Les enfants qui avouaient avoir maltraité des animaux étaient trois fois plus enclins à avoir commis des actes de délinquance grave comme par exemple un cambriolage ou une agression conduisant à une blessure.

Les raisons des mauvais traitements

Les raisons qui motivent les mauvais traitements envers l'animal sont diverses. Selon Stephen Kellert, de l'université de Yale, et Alan Felthous, de l'université du Texas, la première motivation présente est le contrôle: l'animal est battu pour qu'il arrête un comportement indésirable (aboiements, par exemple).

La deuxième motivation observée est le châtiment, qui consiste dans l'usage d'une punition extrême pour punir l'animal (par exemple, s'il a vomi ou fait ses besoins au mauvais endroit).

La troisième motivation est l'absence de respect pur et simple pour la vie de l'animal. Du fait de préjugés, l'individu maltraite ou néglige les conditions de vie d'un animal parce qu'il considère qu'il ne mérite aucun égard, voire qu'il est mauvais.

L'instrumentalisation (4e motivation) consiste dans l'usage de l'animal pour mettre en scène de la violence, comme dans le cas des combats de chiens.

La cinquième motivation est appelée l'amplification: l'animal est utilisé pour impressionner, menacer ou blesser autrui, en prolongement de la violence de l'individu.

La sixième motivation consiste dans la réalisation d'un mauvais traitement pour choquer les gens qui en sont témoins ou s'amuser.

La septième motivation est la vengeance, et consiste dans l'agression d'un animal afin d'atteindre son propriétaire.

Enfin, la dernière motivation est le déplacement de l'agression. Dans ce cas, l'animal est victime de coups parce que l'individu n'a pas la possibilité de les donner à une source de frustration qu'il craint ou ne peut atteindre. Par exemple, après une entrevue défavorable avec un supérieur hiérarchique, l'individu donne des coups de pieds à son chien suite à une contrariété mineure.

Comme toute conduite agressive, les conduites cruelles envers les animaux sont déterminées par l'observation de modèles et par imitation. De plus, conformément à la théorie néo-associationniste de l'agression, toute expérience désagréable (frustration, provocation, odeurs, bruit, température inconfortables) génère un affect négatif, lequel mobilise des pensées, souvenirs, réponses motrices et physiologiques qui favorisent une réaction de fuite en cas de peur et d'attaque si la colère est stimulée. Ceci s'applique à certains types de violences réactives envers l'animal.

Un marqueur de violences subie de la part des proches et commise envers les proches

Selon Frank Ascione, de l'université de Denver, les enfants victimes de violences sexuelles ont une probabilité d'être auteurs d'actes de cruautés envers les animaux multipliées par 6. Chez l'adulte, la cruauté commise envers les animaux est liée aux violences perpétrées sur les enfants, les partenaires intimes, et les personnes âgées. Ces conduites se produisent souvent dans les mêmes maisons et sont perpétrées par la même personne: un homme adulte.

La recherche en criminologie ne s'est que récemment intéressée significativement à cette question, mais les travaux sont aujourd'hui abondants et convergents. Frank Ascione et ses collègues ont comparé 100 femmes rencontrées dans des centres d'accueil pour femmes battues à 120 femmes issues de la population générale et n'ayant pas été victimes de violences. Il y avait une probabilité cinq fois supérieure pour une femme dont le partenaire avait menacé de violence un animal familier d'avoir été victime de violence intime.

Dans une étude observationnelle, un chercheur s'est rendu au domicile de 53 familles qui remplissaient les critères d'abus d'enfant et de négligence et où se trouvait un animal de compagnie. L'observation des conduites durant l'entretien avec la famille a montré que dans 60% des cas les animaux familiers étaient maltraités ou négligés. Dans 88% des familles montrant un abus d'enfant, la cruauté envers les animaux était présente: 2/3 des animaux étaient victimes du père et 1/3 des enfants. Il a également été constaté que les femmes ayant un animal familier risquant d'être maltraité repoussent parfois leur décision de se séparer du conjoint violence pour protéger leur animal domestique.

Selon les données d'Eleonora Gullone, de l'université Monash en Australie, de 18% à 45% des femmes battues indiquaient que la crainte que leur conjoint ne s'en prenne à leur animal familier les aura empêchées de le quitter plus tôt.

Protéger humains et animaux

Les liens entre les humains et les animaux de compagnie ne sont pas superficiels: lors de telle catastrophe naturelle, de nombreux exemples indiquent que les survivants se soucient de leur chien ou de leur chat. En effet, les animaux de compagnie sont souvent considérés comme des membres de la famille.

Par exemple, après le passage de l'ouragan Katarina en 2006, certaines autorités de secours américaines ont mis en place des plans de sauvetage des animaux, ayant constaté que de personnes sinistrées refusaient de quitter le tôt de leur maison dévastée par l'inondation si l'on n'évacuait pas leur animal de compagnie avec elles.

Tandis que les travaux attestant de l'intérêt de l'introduction des animaux dans certaines formes de psychothérapies se multiplient, les recherches liant le bien-être humain et celui de l'animal se développent.

Au Royaume Uni, les travailleurs sociaux sont invités à s'interroger sur la manière dont les animaux familiers sont traités par les membres de la famille, tandis que l'on suggère aux vétérinaires témoins de mauvais traitements de se rapprocher des autorités. La manière dont sont traités les animaux et celle dont l'on traite les humains ne sont pas entièrement dissociables, au contraire.

Selon Eleonora Gullone, il existerait un lien au plan international entre le niveau de mise en pratique par les Etats des droits de l'homme et le traitement réservé aux animaux.

Pour aller plus loin:
  • Henderson, B. et al. (2013). Childhood animal cruelty methods and their link to adult interpersonal violence. Journal of Interpersonal Violence, sous presse.
  • Lucia, S. & Killias, M. (2011). Is animal cruelty a marker of interpersonal violence and delinquency ? Results of a swiss national self-report study. Psychology of Violence, 1, 93-105.

Source:http://www.huffingtonpost.fr/laurent-begue/violence-extreme-animale_b_3154511.html 

Le point de non retour

En général, ils partent soulagés, carrément débarrassés, tout légers d’avoir déposé le fardeau, c’est lourd, un être vivant, ils partent, donc, sereins, même, sans un regard, sans laisser un sou, que leur importe, le refuge paiera pour les soins, pour la nourriture, supportera le poids de la lâcheté et de l’irresponsabilité, consolera, tant bien que mal  et même plutôt mal, tellement ils sont nombreux, eux, les chiens, et tellement peu, eux, les humains, à s’engager dans cette galère sans fin et à ne pas faillir, cette vie brusquement accidentée, ce cœur en état de choc, ils sont là pour ça, c’est leur boulot, et clac, la grille du box refermée sur lui, cage, prison, barreaux, béton, incarcération, que lui arrive-t-il, il ne comprend rien, parce que les chiens sont comme ça, et puis, comme un coup de tampon, il se retrouve répertorié dans la catégorie «Abandonnés», c’est alors là que tout bascule, à ce moment précis il est trop tard pour revenir en arrière, on appelle cela «l’irrémédiable», le point de non-retour, comme en amour, comme pour les avions, décollage, atterrissage, parfois, même, c’est le crash, Inch’Allah, mais lui sait qu’on va venir le rechercher, car l’amour, puisque le sien l’est, demeure éternel, tout comme la confiance, celle qu’il a donnée, sans réserve, sans calcul, parce que les chiens sont comme ça, les humains aussi, parfois, enfin, certains, et longtemps, la tête tournée dans la direction où il a vu partir son dieu, les oreilles dressées, le museau frémissant en un doux mais régulier gémissement, indifférent au bruit, aux autres chiens, au va-et-vient du personnel, aux visiteurs, longtemps il va l’attendre, longtemps il va le prier, parce que, voyez-vous, croyez-moi, vraiment, les chiens sont comme ça.

Source: http://www.charliehebdo.fr/refuges.html

Au fond du vieux refuge......

 

Gilbert dumas 

 

 

Merci à MR DUMAS Gilbert , propriétaire de Tazz rottweiler, de Rumba Jack Russel et de Babalou Teckel. 

 

Dumas 1 

 

Congélo

Premiers jours:

J'ai trois ans. Quatre, peut-être. Je viens de mettre bas, et je n'ai plus mes chiots. Où sont-ils ? Aucune idée. Depuis trois jours, j'erre entre les maisons d'un hameau du sud ouest, chipant quelques ordures dans les poubelles. Des gens me regardent. Parfois, ils me parlent. Je dors sous le hangar de l'un d'entre eux. Il fait un peu froid, mais la vie est belle, non ?

Aujourd'hui, l'un des humains du quartier m'a à nouveau approché, avec quelques croquettes et des mots doux. Je n'ai pas compris grand chose, mais avec son regard fatigué, ses pieds trainant et sa silhouette voûtée, il me rassure. Je vois bien qu'il apprécie quand je m'approche doucement, tête basse, en remuant la queue.

"Ben ma jolie, t'es pas tatouée hein ? L'véto m'dira bien si t'as une puce ?"

Une voiture. Ca faisait longtemps. Ou pas ? Je ne sais pas, personne ne le sait, personne ne le saura. En tout cas, j'en ai l'habitude, ça ne m'inquiète pas.

Abandonnée ? Et alors ? Cette maison est plutôt sympa : il fait chaud, il y a pas mal de monde et beaucoup d'odeurs intéressantes. Eux aussi ils aiment bien quand je remue la queue, tête basse. Pour les croquettes, c'est imparable. Le grand me manipule avec des caresses, alors, oui, je montre mes cuisses, je montre mes oreilles. Il me passe une drôle de machine sur le corps. Trois fois.

Puis il secoue la tête : "non, pas de puce. Pas de tatouage non plus. Elle vient de mettre bas, elle a trois ou quatre ans, bien soignée, c'est bizarre." Et s'accroupit devant moi. "Le problème, monsieur, c'est... hein ma jolie ? Tu as une sale tronche, ma pauvre. C'est une chienne de type amstaff, un pit', quoi. Et franchement, je pense qu'elle rentre parfaitement dans les critères de la première catégorie. De plus elle n'est pas identifiée, pas stérilisée, bref, elle n'est absolument pas dans les clous. Je vais appeler le maire." J'avise la jeune femme, là-bas, je pense qu'il y a moyen d'obtenir un monceau de caresses avec elle. C'est étrange, ils sont tous très gentils, mais ils ont tous l'air chiffonnés. Bah... avec quelques manières, ils vont tous m'adorer. Voilà, le grand avec la blouse blanche me décrit au téléphone. "Une cinquantaine de centimètres au garrot, grise et blanche, une bonne grosse bouille d'amstaff, bien nourrie, elle traîne depuis trois jours autour d'un hameau de votre commune, oui. Oui, c'est une femelle, qui vient de mettre bas, pas identifiée".

Pas identifiée, mais plutôt sexy, avec mon poil ras, ma robe cendrée, mes yeux marrons, ma grosse langue baladeuse et mes attitudes de jeu perpétuelles. Une gamine de trois ans. Jolie, avec une sale tronche. Je le note, ça fera bien sur mon pedigree. "On va vous la garder quelques jours en attendant de l'envoyer à la fourrière, des fois que son propriétaire se manifeste. Mais je n'y crois pas trop : elle n'est pas en règle et il le sait. De toute façon, je vous tiens au courant, elle semble gentille comme tout, donc a priori pas de souci. Oui, au niveau légal, vous pouvez demander son euthanasie quand vous le souhaitez. Oui, je sais, on ne tue pas un chien comme ça, mais je vous informe, vous en êtes malgré tout responsable..."

Il a la voix qui traîne, le grand en blouse blanche. Tous me regardent du haut de leurs interminables jambes, avec les mains sur les hanches, ou les bras croisés.

"Bon, qu'est-ce qu'on va faire de toi ?" Remuons la queue. Paradis Non, c'est vrai, quoi : le matin, on me file à manger, quelqu'un me promène. Peu à peu, ils prennent confiance en moi, et me lâchent dans un grand pré, quand il n'y a personne. Plus pratique, quand même. Ensuite, on m'attache avec une laisse à l'armoire, près du bureau, avec une couverture - s'il n'y a pas la couverture, je gueule, faut pas déconner quand même - et je passe la journée à ronfler, renifler, manger, boire, me faire caresser. La belle vie. M'enfin, il faut la mériter : des fois, ces humains ne comprennent pas grand chose. Il leur arrive de me laisser seule plus de deux minutes, de ne pas me caresser, voire de m'ignorer ! Dans ce cas, je gueule, je piaule, pas des aboiements francs, plutôt des espèces de grincements qui ont une magnifique capacité à les faire réagir très vite. Ils me crient plein de choses, s'occupent de moi très vite et cessent de m'ignorer. J'adore.

"Me putaaaaaaaaaaaaaain, ta gueuuuuuuuuuuule !" "Mais muselez-la, bordel !" "Jamais elle la ferme ?" "T'es gentille, t'es jolie, mais t'as une sale gueule et t'es pénible, hein ?" "Si t'es pas sage, congélo !" Quand ils arrivent tout rouges, ils me crient dessus et me secouent un peu, j'ai trouvé la parade : remuer la queue, et prendre une attitude béate. Pour ça, je n'ai pas trop à me forcer. "Putain elle est con, elle est adorable, mais on en fait quoi ?"

La jeune femme part en vacances deux semaines, elle a laissé un mot à mon sujet sur la fiche de ma cage juste avant de partir. Elle est adorable, prenez-en soin, trouvez lui un bon maître, je reviens dans deux semaines. Mignon, non ? Les gars en blanc ont adoré quand ils ont vu ça lundi matin. Ils ont eu l'air encore plus désarmé que d'habitude. Du coup, ils discutent. Cinq minutes de retard sur la gamelle, avec ça. Ca ne va pas du tout. Tût tût Je piaule.

"Rhah mais ta gueule hein ! Si t'es pas sage, congélo !" Mais j'ai eu mes croquettes, ma balade et des caresses. Congélo "J'ai appelé la SPA. Ils n'en veulent pas, ils me disent qu'ils n'auront pas le droit de la donner puisque la cession des chiens de catégorie est interdite, donc soit elle moisira au chenil, soit elle sera euthanasiée. Ouais, le maire est d'accord pour qu'on la garde pour le moment, on va essayer de lui trouver un bon maître, comme elle dit ?" Ils m'ont même trouvé un nom. J'aime bien, c'est court, ça sonne bien, et je dois être la seule à le porter.

"Congélo" Des gens, j'en vois défiler. Certains viennent pour me voir, la plupart passent simplement à la clinique avec leurs chiens - je n'ai pas le droit de jouer avec eux - et discutent avec les gars en blanc à mon sujet.

"Mignonne, cette chienne, elle est abandonnée ?" Il a dit mignonne ? Remuer la queue, tête basse, faire la fête, ils adorent : caresses assurées.

"Ouip - C'est quoi comme race ? - A votre avis ? - Je sais pas, heu, un boxer ? - Non, du tout, les boxers ne sont pas comme ça du tout. Elle ressemble à un amstaff, c'est un pitbull. - Un pitbull ? Mais elle n'est pas méchante !" Ben non, je ne suis pas méchante. Adorable, collante, piaulante, fatigante, remuante, mais pas méchante. Et belle ! Le gars en blanc dit qu'au moins, j'aurai prouvé à plein de gens que les pits ne sont pas forcément des chiens méchants. Ca brise le mythe, qu'il dit. Ca casse les fantasmes, et puis ça permet de mettre un peu le nez dans la merde à ceux qui applaudissent des deux mains les déclarations présidentielles sans en mesurer les réelles conséquences. Je ne suis pas un fantasme, qu'il dit.

M'en fous, j'ai des croquettes, des caresses et je me balade en liberté quand il n'y a personne dans la clinique. Beaucoup de gens sont passés et ont dit qu'ils me trouveraient une maison. Des vieux, des jeunes, des anglais, des français, des gens qui avaient des habits confortables, et d'autres moins, certains sentaient la vache, d'autre le parfum. Ils me trouveront une maison ? Ils ne sont jamais repassés, en tout cas.

Les gars en blancs discutent beaucoup, et téléphonent autant. Ils ont toujours l'air désarmé quand ils me regardent, alors, je remue la queue. Imparable. Bon, des fois, quand je chouine un peu trop, ils ne sont plus désarmés du tout, mais bon, c'est que je m'emmerde, moi ! "'Congélo, ta gueule !"

 Congélo

Trois semaines que ça dure. Le plus grand des gars en blanc est accroupi près de moi, dans la pelouse, une cigarette dans la bouche, il me regarde me rouler dans l'herbe, dans la nuit. Il a l'air triste.

"La dernière cigarette du condamné, hein ?" L'après-midi a été riche en coups de fils. J'ai même vu le maire. Lui n'a pas trop voulu me voir.

Une dame très gentille a demandé aux vétérinaires s'ils allaient m'euthanasier : "vous n'allez quand même pas faire ça ? - Vous voulez l'adopter ?" Silence... "Mais ça ne va pas vous faire bizarre de tuer une chienne gentille, en bonne santé, âgée de trois ans et avec qui vous partagez le quotidien depuis trois semaines ?" Le gars en blanc l'a regardée.

Il a pris une voix étrange : "vous faite un métier fooOOoormidable, docteur". Moi, je m'en fous, je me roule dans l'herbe. Il fait froid, mais la vie est belle. "Désolée ma belle, t'as une sale gueule."

Remuons la queue. J'ai droit à une séance de câlins sur leur table marrante. Je n'ai pas trop aimé l'espèce d'aiguille en plastique qu'ils m'ont mise dans la patte, ils ne parlent pas, ou pas beaucoup, mais ils me caressent.

Sincèrement. Je suis belle, je suis adorable, je suis collante et un peu chiante. Remuons la queue : ils sont tous là. Le gars en blanc a une seringue dans la main, et le visage fermé. Ils me caressent en injectant.

Je suis belle, je suis adorable, je suis collante, et un peu chiante. Je m'appelle... congélo.

Blog : Boules de fourrures

« Les gens abandonnent même leurs perruches ! »

        Extrait d'un article signé Gildas Jaffré ,

             paru dans Ouest France en date du 22 Août  2011

 

La Société protectrice des animaux de Larmor-Plage fait face à une série d'abandons. Après les chiens et les chats, c'est le tour des oiseaux. Il a fallu bâtir une volière !

Au refuge de la SPA (Société protectrice des animaux) de Kercaves, à Larmor-Plage, Sara Gourden est exaspérée. « Il y a quelques jours, j'étais à Plouhinec, dans un chenil où les conditions étaient épouvantables : un endroit sale, sans eau à boire. On me dit que je devrais plus me préoccuper des enfants, mais je défends tout le monde : à deux ou quatre pattes ».

 

Infatigable, elle mène son combat avec obstination, constatant que les comportements ne changent pas, surtout en période de vacances. « Cet été, nous avons reçu de nombreux animaux abandonnés : parfois des petits paniers de chatons, déposés sur le parking, devant le refuge. »

En revanche, il y a peu d'adoptions, « surtout pour les gros chiens, les labradors et les bergers. La crise affecte aussi les animaux : un animal est une charge financière et, de plus en plus, il s'agit d'un problème économique, pour certaines familles, il devient difficile de les nourrir. ».

Des animaux-jouets

Depuis le début du mois de juillet, le refuge a recueilli 53 chiens, « de tous âges et de tous types ». Le chenil, parfaitement adapté, affiche complet. 33 chats y ont aussi trouvé un abri, dont 28 adultes et une quinzaine de chatons.

Cette année, Sara Gourden assiste au développement d'un nouveau phénomène :« Maintenant, les gens abandonnent même les oiseaux, leurs perruches, des mandarins. » Il a fallu leur faire de la place. La SPA a donc construit une vraie volière, à la fin du printemps. « Elle nous a coûté 2 306 ?. Nous avons aussi ajouté des fleurs pour qu'ils se sentent bien. Actuellement, nous accueillons une quinzaine d'oiseaux. »

Mais pourquoi abandonner des perruches « Les gens n'en veulent plus. C'est la même histoire que pour les tortues ou les lapins nains, ces animaux que les gens achètent en animalerie, comme un jouet. Après, ils s'en lassent. »

 (...) (...) (...)

Pour lire  l'article dans son intégralité cliquer ici.

Lettre d'un responsable d'une fourrière

 

Voici une lettre d'un des trop nombreux responsables d'une fourrière

 

"Je crois que notre société a besoin qu'on attire son attention là-dessus. En tant que responsable d'une fourrière, je vais partager quelque chose avec vous... un regard de l'intérieur, si vous me le permettez.

Tout d'abord, tous les vendeurs/éleveurs d'animaux devraient travailler au mons UN JOUR dans une fourrière. Peut-être qu'en voyant ces regards tristes, perdus... les yeux troublés, vous changeriez s sur l'élevage et la vente à des personnes que vous ne connaissez même pas. Ce chiot que vous venez de vendre finira probablement dans ma fourrière quand il ne sera plus une jolie boule de poils. Alors... comment vous sentiriez-vous si vous saviez qu'il y a 90% de chances que ce chien ne sorte jamais de la fourrière s'il y arrive seulement ? Qu'il soit de race ou non. 50% des chiens qui entrent dans mon centre, abandonnés ou venant de la rue, sont de race pure... Les excuses les plus fréquentes que j'entend sont : -“Nous déménageons et nous ne pouvons pas emmener notre chat/chien”. Vraiment ? Où déménagez vous pour nepas pouvoir prendre d'animal et pourquoi avoir choisi cet endroit et pas un autre où vous pourriez le garder ? -“Le chien est devenu plus grand qu'on pensait”. Et quelle taille croyiez-vous qu'un Berger allemand avait ?! -“Je n'ai pas de temps pour m'en occuper” - C'est vrai ? Je travaille 10 ou 12 heures par jour et j'arrive quand même à trouver du temps pour mes 6 chiens. -“Il nous abîme toute la cour” - Pourquoi ne le prenez vous pas à l'intérieur avec vous ?

On me dit toujours “Pas la peine d'insister pour lui trouver un foyer, nous savons qu'il sera adopté, c'est un bon chien” Ce qui est triste c'est que votre animal ne sera PAS adopté.... et savez-vous combien une fourrière est stressante ? Laissez-moi vous raconter : L'animal a 72 heures pour trouver une nouvelle famille à partir du moment où vous la laissez. Parfois un peu plus si la fourrière n'est pas pleine et arrive à se débrouiller pour le garder en parfaite santé. S'il prend froid, il meurt. Il sera confiné dans une petite cage, entourré des aboiements et des pleurs de 25 autres. Il devra se débrouiller seul pour manger et dormir. Il sera déprimé et pleurera constamment sur la famille qui l'a abandonné. S'il a de la chance, et si j'ai assez de bénévoles, il pourra être sorti de temps en temps. Sinon, il ne recevra aucune attention, sauf une assiette de nourriture glissée sous la porte de la cage et quelques giclées d'eau. Si le chien est grand, noir ou d'une race "bull" (pitbull, mastin…), vous l'avez conduit à la mort du moment qu'il a passé la porte. Ces chiens ne sont généralement pas adoptés. Peu importe qu'il soit "doux" ou "dressé"... Si le chien n'est pas adopté dans les 72 heures suivant son entrée et que le refuge est plein, il sera sacrifié. Si le refuge n'est pas plein et que le chien est suffisamment gentil et d'une race attractive, il est possible que son exécution soit repoussée, mais pas pour longtemps. La plupart des chiens sont mis en cages de protection et sont sacrifiés s'ils montrent la moindre agressivité. Même le chien le plus calme est capable de changer dans un tel environnement.

Si votre chien est contaminé par la toux du chenil (traquéobronchite infectieuse canine) ou toute autre infection respiratoire, il sera sacrifié immédiatement, simplement parce que les fourrières n'ont pas les moyens de payer des traitements à 150 euros. Et voici quelque chose sur l'euthanasie pour ceux qui n'ont jamais été témoins de comment un animal parfaitement sain sera sacrifié : En premier lieu, il sera sorti de sa cage en laisse. Les chiens pensent toujours qu'ils vont se promener, ils sortent heureux, remuant la queue... jusqu'à ce qu'ils arrivent à la "chambre", là ils freinent tous des 4 pattes. Ils doivent sentir ou capter la mort ou sentir les âmes tristes qui ont été laissées là. C'est bizarre mais ça arrive avec tous sans exception. Le chien ou chat sera tenu par 1 ou 2 techniciens vétérinaires, en fonction de sa taille et de sa nervosité. Ensuite, un spécialiste de l'euthanasie ou un vétérinaire entamera le processus de trouver une veine dans sa patte avant et il lui injectera la dose de “substance rose”. Espérons que l'animal ne prenne pas peur en se sentant immobilisé. J'en ai vu se griffer eux-mêmes et finir couverts de leur propre sang, rendus sourds par les aboiements et les cris. Tous ne “dorment” pas immédiatement. Parfois ils sont pris de spasmes pendant un instant et se souillent. Une fois terminé, le cadavre de votre animal sera empilé comme un bout de bois, dans un grand congélateur, avec tous les autres animaux en attendant qu'on vienne les chercher comme des déchets. Qu'arrive-t-il ensuite ? Il sera incinéré ? Ils le conduisent à la décharge ? Ils le transforment en nourriture pour animaux? Vous ne le saurez jamais et vous ne vous poserez probablement jamais la question. Ce n'était qu'un animal et vous pouvez toujours en acheter un autre, non ?

J'espère que si vous avez lu jusqu'ici, vous avez eu les yeux troublés et que vous ne pouvez pas vous sortir de la tête les images qui occupent mon esprit tous les jours quand je rentre chez moi après le travail. Je déteste mon travail, je déteste qu'il existe et je déteste savoir qu'il existera toujours à moins que vous changiez et vous rendiez compte des vies que vous gâchez, bien plus nombreuses que juste celle que vous laissez à la fourrière. Entre 9 et 11 millions d'animaux meurent quotidiennement dans les fourrières et vous êtes les seuls à pouvoir arrêter cela. Je fais tout mon possible pour sauver les vies que je peux mais les refuges (fourrières) sont toujours pleins et chaque jour il y a plus d'animaux qui entrent que ceux qui sortent. Je veux juste insister sur ce point : NE FAITES PAS D'ELEVAGE OU N'ACHETEZ PAS D'ANIMAUX TANT QU'IL Y EN A QUI MEURENT DANS LES FOURRIERES. Détestez-moi si vous voulez. La vérité est douloureuse et la réalité est ce qu'elle est. J'espère juste qu'avec ce texte au moins une personne aura changé d'avis sur l'élevage et l'abandon de son animal dans une fourrière ou sur l'achat d'un chien. Espérons qu'un jour quelqu'un vienne à mon travail et me dise "j'ai lu cela et je veux adopter". Ca vaudrait la peine.

Si vous voulez que la situation change, renvoyez ce texte à tous vos contacts."

 

Jazz M. Onster.

 

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