Le milieu scientifique et les éducateurs canins professionnels

L'éducation canine n'est pas une science mais c'est une activité qui demande beaucoup d'expérience !

Etymologiquement l’éducation canine est une discipline qui consiste à conduire les chiens c’est pourquoi il existe de nombreux éducateurs canins qui n’ont pas de formation scientifique et qui peuvent pourtant faire un excellent travail au quotidien.

Il faut du « savoir faire » pour éduquer les chiens mais cela ne fait pas pour autant de l’éducation canine une « science ». Pourtant, depuis une quinzaine d’années, on a vu certains éducateurs s’intituler « comportementalistes », « éthologues », « cynologues », « relatiologues » voire « étho-comportementalistes ». Comme si le besoin de reconnaissance poussait ces personnes à donner à leurs activités une connotation scientifique. Pourtant aucune de ces appellations n’a été validées par le ministère de l’agriculture. Seule le BP Educateur canin (quoique imparfait) est reconnu par l’état.

Cela n’empêche pas certains formateurs privés en mal de clientèle de proposer des stages payants de "comportementalistes" ou de "consultants en psychologie canine ». Des formations qui ne sont pas sans intérêt, surtout pour ceux qui les organisent… Cette volonté de donner à l’éducation canine une tournure scientifique a conduit ces « spécialistes en comportement » à s’opposer aux vétérinaires "comportementalistes".

L'éducation canine version vétérinaire

Car quand on parle d’animaux, il faut toujours s’attendre à voir un vétérinaire pointer le bout de son nez. Pas un article de journal, pas une émission de télé ou de radio qui parle de chiens sans un vétérinaire. Depuis la création de ce métier sous Louis XV, le vétérinaire est la caution en matière d’animaux. Quoi de plus naturel ? Il est le seul acteur de la cynophilie à avoir une véritable formation scientifique. En revanche, certains vétérinaires « nouvelle génération » ont une façon très particulière de « soigner les animaux ». Fervents adeptes de la société de consommation, ils se sentent parfois très à l’étroit dans les habits que leur impose le code déontologique de leur profession. Il y a trente ans, les vétérinaires de l’ancienne école nous expliquaient qu’ils étaient là pour soigner pas pour être des marchands du temple ou des psy pour maîtres incohérents. Aujourd’hui, le vétérinaire peut soigner les animaux en vendant des croquettes, des jouets et des psychotropes pour chiens. Pas étonnant, donc, qu’il veuille contrôler le marché de l’éducation canine. L’exemple de la dernière loi sur les chiens dits « dangereux » est d’ailleurs particulièrement édifiant. Fortement influencée par nos amis vétérinaires, elle impose aux propriétaires de certaines races de chiens, une évaluation comportementale par un vétérinaire agréé par la préfecture. A noter qu’il suffit pour faire cette évaluation d’être membre de cette corporation sans obligation d’avoir fait pour autant une formation de comportementaliste (une spécialité qui existe depuis une vingtaine d’années dans les écoles vétérinaires). Cette disposition de la nouvelle loi dit de manière implicite que n’importe quel vétérinaire est de fait un spécialiste de l’éducation canine et du comportement canin. De là à considérer que l’éducation canine est une discipline qui doit être sous le contrôle vétérinaire, il n’y a qu’un pas que certains (pas tous heureusement) franchissent allégrement.

En France, la plupart des livres sur l’éducation canine sont écrits par des vétérinaires. Pourtant, ils sont sensés être des spécialistes de la médecine animale pas des conducteurs de chiens. Sauf si l’on considère que le chien mal éduqué souffre d’une pathologie… Les vétérinaires comportementalistes cherchent, depuis quelque temps, à faire passer des réglementations qui font, par exemple, de l’agressivité n’ont pas un comportement naturel mais une maladie. Ce qui permettrait d’attaquer pour exercice illégal de la médecine vétérinaire tous les professionnels qui tenteraient de travailler sans passer par leurs officines. Car être vétérinaire « comportementaliste » ne nourrit pas son homme aujourd’hui. En cette période économique difficile prendre 150 euros pour une consultation de comportement ne se fait pas si facilement. Le fait que les éducateurs canins expérimentés comme nous vivent confortablement de leur activité a le don d’exaspérer les vétérinaires comportementalistes.

Source: http://www.devenireducateurcanin.com/page_milieuScience

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