Anthropo ...


Un chien n'est pas presque humain, et il n'y a pire insulte pour la gente canine que de la considérer comme telle. John Holmes.

L'erreur anthropocentrique : l'homme motif principal de la création ; tout a été fait pour lui, la terre pour le porter, le soleil pour éclairer ses jours, la lune pour éclairer ses nuits. Lécuyer 

Doublement victime de l'anthropomorphisme et de l'anthropocentrisme ... l'animal, nié dans ses besoins essentiels, car totalement méconnus de l'homo asphaltus, est-il, à l'aube de ce 21 ème siècle, autre chose qu'un "objet sensible" au service des fantasmes humains ? 

Les dangers de l’anthropomorphisme dans la relation homme/chien

L’anthropomorphisme est une attitude qui est aussi bien inappropriée à l’égard de l’animal (qui a bien le droit d’en être un) que dangereuse pour son bon développement.

« L’anthropomorphisme est l’attribution de caractéristiques comportementales ou morphologiques humaines à d’autres entités comme des animaux, des objets, des phénomènes, voire des idées. » Source Wikipedia.

Certains maitres nourrissent en effet à l’égard de leur animal tellement d’amour qu’ils finissent par prêter à leur chien des comportement et des sensibilités que les chiens n’ont pas, ce qui revient en réalité à oublier que le chien est avant tout … un animal, certes domestiqué, mais un animal tout de même.

De ce fait il est absurde et nocif pour l’animal d’être pouponné et choyé comme le serait un jeune enfant ou un nouveau né. Et cette attitude peut être la responsable de bon nombre de troubles chez le chien.

On ne vous juge pas, c’est bien naturel d’aimer son chien (j’adore énormément mon chien). Mais chacun doit rester à sa place pour le bien de tout le monde.

Voici les erreurs que vous ne devez pas commettre avec votre chien :

– Lui donner un nom que vous auriez donné à un enfant. Ou le surnommer comme vous auriez pu surnommer votre époux ou votre enfant (« trésor », « petit cœur”..).

– Lui raconter vos journées. Qu’un enfant le fasse passe encore. Mais vous en tant qu’adulte, vous devez savoir qu’autant un chien et sensible au son et à la tonalité de votre voix, autant il ne comprend pas les mots que vous employez.

– Lui préparer de bons petits plats, lui donner trop à manger. La nourriture pour chiens leur est parfaitement adaptée et donner trop à manger à son chien peut le rendre gravement malade.

– Laisser votre chien dormir dans votre chambre ou pire dans votre lit. Ce n’est pas hygiénique car votre chien se promène un peu partout et ce n’est pas sa place.

– Pas la peine non plus de célébrer son anniversaire, pâques, halloween ou le jour de l’an avec lui. Vous aussi vous avez une vie sociale et le chien doit passer après votre famille.

– Ne lui faites pas non plus embraser votre religion avec des funérailles… Personnellement je trouve ça étrange… Même si le chien mérite tout votre respect après ça mort.

– Pas la peine de lui acheter des gadgets inutiles : rubans, cds, parfums …

Si vous n’êtes toujours pas convaincu(e), nous allons maintenant vous expliquer pourquoi il ne faut pas appeler votre chien « Emmanuelle » ou encore le faire dormir entre votre mari et vous. Si vous aimez gâter votre chien, investissez plutôt dans un sport pour chien comme l’Agility. Vous êtes sûr alors de lui faire plaisir, tout en l’éduquant comme doit raisonnablement l’être un chien.

 

Les conséquences possibles de l’anthropomorphisme : 

– Manque de compréhension entre l’animal et le maitre puisque vous lui prêtez des sentiments qu’il n’a pas, vous pouvez passer à côté de besoins qu’il a vraiment !

 – Le chien ne trouve plus sa place dans une famille qui pour lui représente, rappelons-le,  une meute avec un fonctionnement hiérarchique précis. Si vous lui passez tous « ses caprices » (ou les vôtres!),  votre chien peut devenir agressif (dans la majorité des cas) ou anxieux (quand vous sortez de la maison, développer des phobies…), selon le degrés d’anthropomorphisme.

 – Une suralimentation du chien peut entrainer l’obésité et/ou des maladies mortelles.

 – Un excès d’hygiène peut entrainer des maladies de peau et des lésions cutanées chez le chien.

 – Les chiens de petite taille, s’ils sont perpétuellement portés par leurs maitres n’ont donc pas de contacts avec d’autres chiens. En habillant ou en parfumant votre chien, vous l’empêchez également d’aller vers les autres chiens qui ne le reconnaitront pas comme étant l’un des leurs.

 

Sans parler de ces maitres qui refusent de prodiguer un soin vétérinaire à leur chien parce que celui-ci « n’aime pas ça ». Ou qui refusent d’euthanasier le chien alors que celui-ci souffre d’une manière irrémédiable…

 

Pour conclure : l’anthropomorphisme est un comportement qui peut réellement gâcher votre relation avec votre chien et qui ne le rendra ni heureux, ni équilibré.

Source: http://nosamisleschiens.fr/dangers-anthropomorphisme-relation-homme-chien/

Merci, Monsieur Cavanna

Avoir davantage pitié des bêtes que des hommes, c'est pas très bien vu chez les hommes. C'est considéré comme une sorte de désertion, de trahison, voire de perversion ou d'infirmité mentale. Mais bon dieu, nous sommes hommes par hasard. Tant mieux, j'aime bien comprendre le monde. Et c'est justement parce que je suis homme que je puis transcender cet instinct grégaire, irréfléchi, purement animal qui fait se serrer les coudes aux hommes, les incite à diviniser l'homme par-dessus toute créature. Réflexe spontané, réflexe normal. Normal chez une oie, chez un phoque, chez un hareng. Un homme devrait aller plus loin. C'est parce que j'essaie d'être vraiment, pleinement homme, c'est-à-dire une bête avec un petit quelque chose en plus, que je mets sur un pied d'égalité ce qui est homme et ce qui ne l'est pas.

M'emmerdez pas avec votre St François d'Assise, j'ai pas de paradis à gagner. Mon amour des bêtes est bien autre chose qu'un attendrissement devant le mignon minet, bien autre chose qu'une lamentation devant les espèces, j'm'en fous, je ne suis pas collectionneur d'espèces, des millions d'espèces ont disparu depuis que la première lave s'est figée. Seuls m'intéressent les individus. Mon horreur du meurtre, de la souffrance, du saccage, de la peur infligée fait de ma tranche de vie une descente aux enfers. Nous tous, les vivants, ne sommes-nous donc pas des passagers de la même planète ? L'homme n'a pas besoin de ma pitié : il a largement assez de la sienne propre. S'aime-t-il le bougre ! la littérature, la religion, la philosophie, la politique, l'art, la publicité, la science même n'intéressent les hommes que lorsqu'ils les mettent au premier plan, tous ne sont qu'exaltation de l'homme, incitations à aimer l'homme, déification de l'homme. Les bêtes n'ont pas, si j'ose dire, la parole. Elles n'ont pas d'avocat chez les hommes. Elles ne sont que tolérées. Tolérées dans la mesure où elles sont utiles, ou jolies, ou attendrissantes. Ou comestibles. Les hommes les ont ingénieusement classées en animaux « utiles » et animaux « nuisibles ». Utiles ou nuisibles pour les hommes, ça va de soi. Les chinois ont patiemment détruit les oiseaux parce qu'ils mangeaient une partie du riz destiné aux chinois.

De quel droit les chinois sont-ils si nombreux qu'il n'y a plus de place pour les oiseaux ? Du droit du plus fort, hé oui ! Voilà qui est net ! Ne venez plus m'emmerder avec votre supériorité morale. Ni avec vos bons dieux, faits à l'image des hommes, par les hommes, pour les hommes. Si les petits cochons atomiques ne mangent pas l'humanité en route, il n'existera bientôt plus la moindre bête ni la moindre plante « nuisible » ou « inutile ». Le travail est déjà bien avancé et le mouvement s'accélère. La mécanisation libèrera -peut-être - l'homme du travail « servile ». Elle a déjà libéré le cheval : il a disparu. On n'a plus besoin de lui pour tirer la charrue, il n'existe quasiment plus à l'état sauvage, adieu le cheval. Oui, on en gardera quelques-uns, pour jouer au dada, pour le tiercé, pour le ciné, pour la nostalgie. L'insémination artificielle a déjà réduit l'espèce « boeuf » à ses seules femelles. Un taureau féconde -par la poste- des millions de vaches. Oui, on s'en garde quelques-uns pour les corridas, spectacle d'une « bouleversante grandeur » où l'homme, intelligence « sublime », affronte la bête, les yeux dans les yeux ... oui, on se garde quelques faisans, quelques lapins, quelques cerfs ... pour la chasse. On se garde quelques éléphants pour que les petits merdeux aillent les voir dans les zoos, et quelques autres dans des bouts de savane pour que les papas des merdeux aillent y faire des safaris-photos après le déjeuner d'affaires. Pourquoi je m'énerve comme ça ? Parce que je les voudrais semblables à ce qu'ils se vantent d'être, ces tas : un peu plus, un peu mieux que les autres bêtes. Mais non, ils le sont, certes, mais pas assez. Pas autant qu'ils croient. A mi-chemin. Et à mi-chemin entre ce qu'est la bête et ce que devrait être l'homme, il y a le con. Et le con s'octroie sans problème la propriété absolue de la Terre et de tout ce qui vit dessus, et même l'univers entier, tant qu'une espèce plus forte ou plus avancée techniquement mais tout aussi con ne l'aura traité lui-même comme il traite ce qui lui est « inférieur » « inférieur ». Rien que ce mot ! Il y a même toute une hiérarchie..."

François Cavanna

L’animalerie

Dans les vitrines, les chiots « tout mignons » se battent dans la paille en se mordillant l’oreille. Les passants émerveillés s’arrêtent pour considérér un agrandissement de leur foyer. Les parents peu désireux, qui connaissent le quartier, avec les enfants, préfèrent éviter la rue. Les adolescents en mal d’amour s’attardent et entrent pour caresser un chien. Au moins les chiens offrent de l’affection sans réserve. Au-dessus de leur tête, des perruches, des canaris. Dans l’autre vitrine, un aquarium, un petit nid à chatons, et imprudemment situés, torture mentale continue pour les trois petits chats, un bac de hamsters bien gras qui courent et courent dans la roue. L’arche de Noë en quelques mètres carrés de vitrine.

Dedans, le concert d’animaux captifs vous fait vivre la jungle en boîte. L’odeur : fauve ; pot-pourri de vivant, mélange de ferme, Eau de bestiole. Vous avez beau nettoyer, ça ne part pas ; il faut « limite » changer de vêtements. C’est ici que commencent de longs compagnonnages. De petits Chihuahua, de petits bichons, des chatons tigrés, des poissons toutes couleurs, vous regardent de leur cage ou de leur boîte avec des yeux qui vous implorent. Prends-moi ! Aime-moi !

Cinq iguanes et deux furets, plus indifférents, semblent attendre leur nourriture. Les furets fouettent pire que les putois (on y viendra sûrement). Ils regardent d’un air menaçant les chiots qu’on ouvre pour que vous puissiez choisir : lequel sauverez-vous ?

Il faudra l’occuper ! Des accessoires pour toute bête, qui se mâchent, qui se plongent, qui se triturent, qui se jettent, et qui se cherchent. De faux canards. De faux squelettes de poisson (pour le chat gourmand, c’est un peu vicieux, non ?). Des jouets qui couinent. Des oiseaux impatients qui battent leurs ailes détournent votre attention ; mais qu’acheter pour le poisson rouge ? La gamine s’en occupera-t-elle vraiment ? Des générations de parents innocents ont succombé avant vous.

Nous autres citadins, qui avons quitté les fermespourquoi y revenir ? Un chien, vraiment, dans un trois-pièces ? Les poils. Les allergies. Les pipi de chiot. Les réveils à bave le dimanche matin. Et ne parlons même pas de ces tarés qui s’achètent un husky ! Certains chiens, d’ailleurs, ne sont pas des chiens, ce sont des chevaux !

Mais ce disant, on voit la jolie frimousse du Chihuahua, la jolie queue du Sheltie, l’aboiement répété, parmi tant d’autres, du petit Labrador qui s’isole comme une fille au bal dont vous tombez amoureux…ce Labrador qui vous aime avant même de vous connaître, et dans ce vacarme infernal, ce tintamarre de bruits de bêtes et de Nature, de bulles d’aquarium, et de cris d’oiseaux, de gamins qui pleurent parce qu’ils en veulent deux, de becs qui cognent contre des troncs artificiels, de caisse… ; on craque.

Texte écrit par Frédéric Benhaim

Source: http://les-commerces.net/2013/05/27/lanimalerie/

Le magasin d’articles pour chiens et chats

Le paradis des toutous et des minets, c’est ici. Les propriétaires un peu gaga s’y pressent, qu’ils soient célibataires en âge de travailler et de mener une vie active mais néanmoins solitaire, ou adolescents, ou enfants, ou familles. La phrase type : Mais oui, hein qu’il aime ça, mon ___, mais oui, c’est bien mon grand. Ou : Ah, mais elle adore. Quelle chatte alors. Trop la classe. Bref, ici, ça respire l’enthousiasme et décidément par ces temps difficiles, il fait bon être vendeur de croquettes…. Ou, de jouets. Ici, on trouve de tout, de l’alimentation aux produits anti-parasitaires, en passant par les jouets. Le rayon jouet, c’est le Toys’R’Us du chien : petits canards en plastiques, nonos en toutes tailles, balles, ballons, de quoi soi-disant protéger vos savates. En réalité, constatent certains propriétaires, certains chiens n’ont que faire des jouets désignés, et se jettent, anarchistes patentés, sur les meubles et autres souliers. Ne parlons pas des chats qui adorent les pelotes de laines et faux squelettes de poissons (rayon suivant !) mais continuent de s’amuser à déchirer vos rideaux et couvre-lits. Mais qu’importe, car ici, on est au royaume de l’animal-roi. C’est plus qu’un chien, explique un propriétaire à un vendeur. C’est un compagnon. Et à son compagnon, on offre des…jouets.

A la caisse de ce magasin grand (90, 100, 120 mètres carrés ?) on trouve diverses petites annonces imprimées sur de petits papiers. Donnez à la SPA. Donne chiots. Psy pour chiens. Oui, le psy pour chiens, étape suivante de cette course folle à l’anthropomorphisme ? Ce qui n’est pas pour dire que les chiens et les chats ne sont pas intelligents, qu’ils ne peuvent s’émouvoir, bien sûr… Retour en rayon. Cette semaine, c’est la promo anti-vermine. C’est de saison, car en ce moment, les chiens et leurs maîtres retrouvent la forêt, et avec ça les tiques et autres insectes. On a beau aimer son chat, quand la maison est envahie de bestioles qui piquent, on peut être amené à se demander pourquoi on n’a pas préféré la peluche. Pour l’amour des animaux de compagnie, il y a donc l’insecticide.

La vitrine annonce l’opération mais met aussi en scène les nombreuses possibilités de jeu ouvertes par tous ces produits : niche d’appartement, en coussinets, véritable niche (il y en a au fond du magasin, mais c’est un peu démodé), myriade de petites balles, et maintenant, jeux « intelligents », qui répondent et stimulent le cerveau il est vrai trop peu stimulé ( ?) de nos fidos et matous.

Quelques amateurs d’aquarium et de poissons rouges se sont aventurés ici, mais on leur a répondu sèchement : on n’est pas une animalerie. Confondre un poisson rouge et un chien ! s’exaspère une vendeuse passionnée. C’est fou ce que les gens peuvent s’imaginer. Comme si l’enseigne n’était pas assez claire, sans compter les vitrines, et les grandes portes vitrées toujours ouvertes qui laissent à voir le paradis du dressage et de l’interaction qu’on trouve à l’intérieur. Assurément, il y a de quoi ici offrir beaucoup au meilleur ami des hommes ; ceci dit, voyons aussi cela comme une expérience humaine formidable : en observant l’animal, on se voit aussi soi-même comme vivant et comme être différent ; décidément pour un chien une balle n’a pas exactement le même sens.Ca me détend, aussi, dit un propriétaire un rien détaché, pas du tout nunuche. On a de telles semaines…

Dans le coin, à gauche de l’entrée, à côté des caisses, un coin à moquette aménagée pour parquer son chien. Bien sûr, ils sont autorisés partout mais cela permet d’être plus tranquille, et à cet endroit, on a pensé à un revêtement plastique, qui, pensent certains,aurait été utile chez nous

Dans les Vosges, 5 septembre 2014, écrit par Frédéric Benhaim

Source: http://les-commerces.net/2014/10/06/le-magasin-darticles-pour-chiens-et-chats/

Le chien est le seul être qui ne nous jugera jamais

Dans “Les maîtres expliqués à leurs chiens”, Christophe Blanchard, maître de conférences à l’université Paris 13 et maître-chien diplômé, analyse les relations que nous entretenons avec nos compagnons à quatre pattes, de la mémère à caniche au “punk à chien”.

“Qui promène son chien est au bout de la laisse”, chantait Gainsbourg. Le sociologue Christophe Blanchard a pris l’aphorisme à la lettre. Dans Les maîtres expliqués à leurs chiens (éd. La Découverte), il montre combien les chiens en disent long sur la société française, l’ère de la consommation de masse, la stigmatisation des périphéries urbaines et des quartiers populaires.  A travers cet “essai de sociologie canine”, l’auteur passe en revue toutes les fonctions qu’ont remplies nos compagnons à quatre pattes au cours de l’histoire, comme incarnations des identités nationales, instruments de communication des puissants, ou encore compagnons de “galères” des zonards, et brosse le portrait en négatif de notre société.

Pourquoi le chien est-t-il moins valorisé aujourd’hui pour sa dimension utilitaire que pour sa dimension affective ? Est-ce à lier à l’avènement d’une ère postmoderne caractérisée par l’individualisme, et donc la solitude?

Christophe Blanchard – Il faut nuancer cette désaffection utilitaire. La coévolution des canidés et des humains est justement liée aux intérêts réciproques qui unissent les deux espèces depuis des millénaires. A l’échelle de l’Histoire, le chien s’est en effet vu confier des missions d’éboueur, de gardien, de compagnon de chasse ou bien encore d’auxiliaire de guerre. Ils ont donc toujours été des auxiliaires précieux dont l’utilité ne s’est jamais démentie. Aujourd’hui encore, il suffit d’interroger les bergers ou les chasseurs pour s’en convaincre. Malgré tout, on constate depuis une trentaine d’années que la présence du chien de compagnie, sans fonction précise si ce n’est d’ “être là”, s’est considérablement accrue. L’”inutilité canine” est concomitante de l’urbanisation constante de nos agglomérations ainsi que de la plus grande distance sociale et symbolique qui s’instaurent entre les individus. Paradoxalement, plus ils s’éloignent de leurs voisins, plus les propriétaires contemporains éprouvent le besoin de se rapprocher de leur chien, le seul être d’une fidélité absolue qui ne les jugera jamais.

L’évolution du statut canin vers l’animal de compagnie a coïncidé avec l’entrée dans l’ère de la consommation de masse. Quelles ont été les conséquences de cette conjonction ?

En une petite cinquantaine d’années, le statut du chien s’est largement transformé en Occident et notamment en France où sa présence, avec plus de 7,5 millions d’individus, est massive. Notre relation avec lui s’est durablement transformée et il est désormais considéré comme un membre à part entière de la famille. Aujourd’hui, il est d’ailleurs bien plus courant de trouver un chien affalé sur le canapé du salon que dans une niche au fond du jardin. L’évolution des sensibilités est telle qu’on n’hésite plus à lui donner des prénoms humains ou à le nourrir et le vêtir comme un petit d’homme. On peut se moquer de cette tendance anthropomorphique en la jugeant passablement ridicule. Elle est toutefois symptomatique de notre époque ou la consommation est au cœur de nos sociétés. Rappelons que le secteur de l’animal de compagnie engrange chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros de bénéfices. Les animaux de compagnie et les chiens en particulier sont les victimes collatérales de ce business florissant. En effet, on se les procure sur un coup de cœur et on s’en débarrasse à la première occasion venue, lorsqu’on se rend compte que la gestion quotidienne de “Médor” est finalement très contraignante. Les refuges canins qui débordent aujourd’hui de toute part, sont les exemples pathétiques du rapport irrationnel que nous entretenons avec nos compagnons à quatre pattes.

Yoga dog, istolethetv via Flickr

Y-a-t-il vraiment une tendance secrète qui nous pousse à adopter un chien parce qu’il nous ressemble ?

Aucune tendance secrète mais plutôt un processus mimétique au sens de René Girard. C’est- à-dire qu’on ne prend pas un chien parce que physiquement il nous ressemble, mais parce que sa possession nous permet de rentrer en concurrence avec d’autres propriétaires. En tant que produit de consommation, le chien dispose d’une valeur symbolique forte dont l’acquisition permet de se distinguer des autres maîtres. Posséder un lévrier, un caniche ou un pitbull n’a pas la même valeur symbolique dans la société qui est la notre. Le choix d’un chien, à l’instar de celui d’une voiture, en dit en réalité bien plus qu’on ne l’imagine sur notre positionnement socio-économique.

Pourquoi les présidents de la République s’affichent ils depuis plusieurs années avec leur chien ? Est-ce devenu un outil de communication politique ?

Les chefs d’Etat ont toujours été tentés d’instrumentaliser l’image du chien pour passer des messages politiques. En France, les monarques et l’aristocratie d’antan avaient d’ailleurs fait de sa possession un privilège à part entière, symbole de leur pouvoir et de leur noblesse. Ces dernières décennies, on a pu voir Valérie Giscard d’Estaing et François Mitterrand se mettre en scène avec leurs labradors respectifs dans un storytelling socio-canin savamment orchestré. Lors de sa première élection à la présidence, Barack Obama a également été tenté de faire de son chien “Bo” un vecteur de communication pour attendrir dans les chaumières américaines. Par contre, certains politiques se montrent bien moins doués avec la gent canine. Sumo, le bichon de Jacques Chirac par exemple s’est fait connaître pour son sale caractère et pour avoir mordu plusieurs personnes. Plus récemment, la presse a révélé que le chien de Nicolas Sarkozy avait dévoré des boiseries couteuses lors de son passage à l’Elysée.

Source: http://www.lesinrocks.com/2014/10/09/livres/christophe-blanchard-en-tant-produit-consommation-chien-dispose-dune-valeur-symbolique-forte-11528753/

Monsieur et Madame ont un chien

Monsieur et Madame ont un chien

Publié le 4 Juillet 2013 par Philippe Roustant

Avertissement: L'histoire ci dessous n'est pas sortie de mon imagination. Les faits relatés se sont exactement déroulés comme je le décris sans aucune exagération ni caricature. Seuls les noms des protagonistes ont été changés.
Monsieur et Madame Bisounours ont un chien. Comment l'appellent ils? Calinou! 
La famille Bisounours l'élève comme un de leurs enfants et, d'ailleurs, il dort dans leur chambre.
Monsieur et Madame Bisounours sont convaincus que tous les chiens sont cools et gentils de nature et que ce sont les maîtres irresponsables qui en font des chiens dangereux en les maltraitant, en leur donnant de la viande crue et en leur faisant faire du mordant (sic!)
Calinou grandit rapidement et se révèle espiègle et un tantinet cabochard. Il aurait tort de s'en priver car les règles de vie sont très simples chez les Bisounours: Il n'y en a pas! Calinou peut quémander à table, dormir sur les lits, manger quand il le désire, circuler dans toute la maison, squatter le canapé, courir après le chat, mordiller les enfants, détruire tout ce qui lui passe sous les dents...etc...Les bisounours ne s'alarment guère: C'est bien normal pour un chiot!
Au fil des mois, les Bisounours commencent à se sentir dépassés par les facéties de Calinou et décident d'aller à la pêche aux solutions miracles sur un forum prônant "des méthodes d'éducation douces, positives et amicales dans le respect de la personnalité éthologique du chien". Ils font aussitôt l'acquisition d'un clicker, de dizaines de jouets et de friandises délicieuses et bio.
Tout se passe bien. Le chien apprend le assis, le couché, le "donne la patte" pour obtenir ses délicieuses friandises....Enfin, quand il a faim, parce que, sinon, il fait un peu la sourde oreille! 
Hélas, ils se trouvent fort dépourvus lorsqu'il s'agit d'interdire quelque chose à Calinou...comme d'aboyer dans le jardin , par exemple, ou de ne pas rentrer dans certaines pièces. Pourtant, ils cliquent à tout va ses bons comportements, au point que les voisins leurs demandent s'ils ont fait l'acquisition de castagnettes! 
Lors des promenades, la situation s'aggrave. Au début, Calinou se jetait sur tous les chiens pour jouer, même ceux qui n'étaient pas d'accord et ça faisait beaucoup rire les Bisounours , mais aujourd'hui il commence à se montrer nettement moins joueur : Aboiements, grognements...le pauvre s'étrangle au bout de sa laisse quand il passe devant un autre chien et Madame Bisounours lit sur son forum préféré que le collier est un instrument traumatisant et qu'il faut utiliser un harnais. Donc maintenant, elle fait du ski nautique derrière Calinou et finit par se faire une tendinite au bras. Il n'est plus possible de lâcher Calinou en liberté, il ne revient plus dès qu'un chien, un promeneur ou un vélo apparaît et se jette sur eux malgré les appels désespérés de Madame Bisounours qui lui tend un plein sac de friandises super-extra appétentes, le doigt crispé sur son clicker dans l'attente de la moindre amorce de retour vers elle.
Inquiet, le couple décide de faire appel à une comportementaliste qui consulte à son cabinet et qui fait le suivi par internet. Elle leur recommande de ne plus le sortir pour éviter les problèmes et de l'ignorer quand il se comporte mal. Les semaines suivantes voient donc la famille Bisounours se tenir immobile et muette devant les destructions massives du primo-délinquant et déborder de félicitations quand il ne commet aucun méfait. C'est à cette époque que leur voisin porte plainte contre les aboiements incessants. Ils achètent, sur les conseils du forum, un collier anti aboiements à la citronnelle que Calinou adore et vide en 24 heures!
A plusieurs reprises, les filles de la maison ont voulu jouer avec Calinou mais celui-ci leur grogne après. Les parents pensent qu'elles ont dû tarabuster ce pauvre chien et elles reçoivent l'ordre de ne plus enquiquiner ce brave Calinou!
Un soir, madame Bisounours se penche pour rajouter un déchet de table dans l'écuelle de Calinou, et celui ci grogne sourdement. Madame Bisounours lui caresse alors la tête en lui disant "Ben qu'est ce qui t'arrive, mon pépère?" Et le pépère en question lui envoie les dents en lui ouvrant la main!
Monsieur Bisounours est effaré devant l'évènement et refuse de croire que sa femme n'ait pas frappé Calinou pour être ainsi mordue!
Ces événements lui trottent dans la tête et, pendant la semaine suivante, il décide de tester Calinou;
Il choisit un moment où celui-ci squatte le canapé alors que lui même désire regarder la télévision et lui demande de descendre, d'abord gentiment puis en haussant le ton. Calinou grogne et montre les dents. Monsieur Bisounours tente alors de s'installer quand même sur le canapé mais Calinou se jette sur lui en montrant les crocs.
A dater de ce jour, tout est fait dans la maison pour ne pas contrarier Calinou, ni le contraindre, ni lui déplaire d'une quelconque façon et, si on respecte ces consignes, Calinou se montre parfaitement vivable. 
Hélas, les meilleures choses ont une fin : Le jour où un invité non prévenu a le malheur de vouloir repousser Calinou qui lui saute dessus en aboyant, il se fait mordre et finit aux urgences...
La mort dans l'âme, la famille Bisounours décide de faire appel à un vétérinaire spécialisé dans les troubles du comportement. Celui-ci regarde Calinou depuis l'autre côté de son bureau et lui prescrit tout un tas de petites pilules qui devraient, sans aucun doute, lui améliorer l'humeur et conseille le port de la muselière, surtout quand on vient le voir!
Effectivement, Calinou est plus tranquille. D'ailleurs il dort beaucoup! Quand il est réveillé, il ne grogne plus du tout....Car maintenant, il mord sans grogner, pour un oui ou pour un non! (généralement au moment de prendre ses médicaments ou quand on veut lui mettre la muselière).
La vie au pays des Bisounours est devenue si dangereuse que la famille se résout peu à peu à l'euthanasie de ce tyran domestique.
Heureusement, le vétérinaire chez qui ils l'amènent pour ce voyage sans retour (avec des précautions dignes de celles qu'on prendrait pour Hannibal Lecter) leur demande de voir un technicien cynophile de ses relations avant de prendre une décision définitive.
Rendez vous est pris avec Monsieur Duralex, qui propose une période d'observation chez lui en sevrage social avant de rendre son avis définitif. 
Trop heureux d'être débarrassés de cet encombrant colis, les Bisounours repartent le cœur léger.
Ce qui se passe ensuite devrait rester confidentiel, mais, comme il se trouve que je l'ai vu, je vais vous en faire le descriptif sommaire.
Calinou est enfermé pendant trois jours dans un chenil, avec de l'eau mais sans nourriture. Personne ne lui parle et personne ne vient le voir. Le troisième jour, Monsieur Duralex a ouvert la porte du chenil et a montré à Calinou qu'il avait des croquettes dans sa main. Au fil des jours, Calinou a appris à manger uniquement dans la main de ce monsieur et toujours en liberté.
Puis monsieur Duralex l'a sorti avec une meute de chiens au sein de laquelle règne une hiérarchie stable et sécurisante. Dès que Calinou a vu les chiens, il s'est jeté sur le plus proche et il a pris l'ensemble de la meute sur le dos. Il a passé le reste de la promenade au pied de M.Duralex qui a continué a lui donner ses croquettes pendant qu'il évitait de croiser le regard noir de la femelle qui régissait le groupe. Calinou a appris à se faire tout petit!
Pendant se temps, M.Duralex lui a appris à mettre la muselière avec plaisir pour lécher la confiture qui en tapissait le fond. Et quand il était muselé, il le manipulait longuement, avec douceur mais fermeté, en lui tenant les pattes ou en lui tripotant les oreilles. Quand on lui enlevait la muselière, il avait droit à une poignée de croquettes et à une encore plus grosse jetée dans son chenil au moment d'y rentrer.
Puis, M et Mme Bisounours sont revenus le chercher et Calinou leur a fait la fête mais il est vite retourné s'asseoir près de M. Duralex qui le rassurait. Les Bisounours ont mis un an pour pouvoir exiger de Calinou les mêmes choses que M. Duralex mais avec des leçons hebdomadaires, ils y sont parvenus.
Ils ont appris à dire "non" à Calinou et à le lui faire respecter. Ils s'opposent à lui en couple ou en famille, jamais seul.
Ils ont réduit l'espace de vie de Calinou qui vit dans un chenil confortable et en sort sous surveillance.
Ils appliquent les marqueurs hiérarchiques dont la comportementaliste leur avait assuré qu'ils n'existaient pas et n'étaient d'aucune utilité et ont été stupéfaits de leur efficacité.
Ils ont appris à tenir une laisse et un collier d'éducation.
Ils ont appris à le sortir dans des endroits isolés où ils ont progressivement repris le contrôle sur lui.
Ils ont acheté un collier anti aboiements à signal sonore et stimulation électrique que leur chien a déclenché seulement 3 fois...il aboie encore une fois ou deux en voyant le voisin mais se tait dès qu'il entend le signal sonore.
Ils ont appris comment donner des ordres qui ne souffrent aucune contradiction et ils s'en servent sans états d'âme chaque fois que c'est nécessaire.
Et Calinou est toujours vivant....et ne semble pas plus malheureux qu'avant.

Source: http://hulk-du-boxitan.overblog.com/monsieur-et-madame-ont-un-chien

De l'anthropomorphisme à la maltraitance animale

Se méfier de l'anthropomorphisme.

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L'anthropomorphisme: le piege qui conduit le chien au mal être.


On a tendance à aimer les animaux en fonction de ce que l’on croit qu’ils sont.
Du grec anthropos (homme) et morphê ( forme) le dictionnaire dit qu’anthropomorphisme est la tendance à attribuer aux animaux des caractéristiques propres à l’homme.
Anthropomorphiser un animal c’est, lui attribuer inconsciemment  un mode de raisonnement ou de fonctionnement humain, sans doute pour tenter de donner un sens à ce qu’il est difficile de comprendre et de contrôler. C’est penser qu’un animal éprouve des besoins similaires à ceux des hommes. Le fait d’anthropomorphiser un animal, c’est oublier sa véritable nature et donc le traiter alors de façon inadaptée ; d’une certaine façon, le maltraiter.

L’anthropomorphisme néglige les besoins réels de l’animal et l’oblige à se soumettre à des habitudes pour lesquelles il n’est pas fait, mais qui (ne) font plaisir (que) au maitre. C’est ainsi que les comportementalistes sont de plus en plus sollicités pour rétablir une relation normale entrela famille et son chien. Hélas c'est malheureusement ainsi que de nombreux animaux sont abandonnés à terme, par des maitres qui avaient fondé sur eux des espoirs irréalistes et irréalisables.

Le faire valoir.


La forme extrême de l’anthropomorphisme confine à l’égocentrisme parce qu’elle transforme le chien en faire valoir de son maitre. C’est à dire que le chien devient un personnage secondaire qui a pour vocation de mette en valeur son propriétaire, le quel se bercera de mérites et de trophés dont le chien n’a que faire. On rencontre ce tableau  chez certaines maitresses qui habillent ou pomponnent leur chien comme des mannequins de mode pour aller en ville ou en expos, ou bien  chez certains propriétaires qui transforment leurs chiens en bêtes à concours, avec tout ce que cela comporte de brimades, de conditionnements, d’excitation qui vont  bien au delà de l’entrainement ludique du chien. Nous n’évoquerons plus ces excès. Ils sont fréquents dans les différents milieux de compétions, mais infiniment minoritaires par rapport à la population des chiens

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Les erreurs d'interprétation. 


De fait  ce sont souvent des maitres généreux  et raisonnables qui en certaines circonstances prennent innocemment le chien pour ce qu’il n’est pas. Et cela conduit à des erreurs d’interprétation.

Le chien repentant.
Le chien qui s’est montré agressif ou qui a mordu et qui vient lécher son maitre ne vient pas, comme le ferait un enfant, se faire pardonner. Il vient en fait confirmer qu’il est vainqueur (voir la séquence d’agression) et affirmer sa supériorité. Et si le maitre accepte ces effusions il admet qu’il est battu et confirme sa soumission.

Le chien rigolo. 
Laisser à un chien à poils longs avec une frange devant les yeux lui donne souvent un cachet amusant. Mais le chien n’est pas un jouet.La frange gêne sa vision, et peut provoquer des irritations. Etre soumis interminablement à cette irritation peut rendre le chien irritable. Il peut devenir agressif, si de surcroit, compte tenu de la gêne visuelle, il estime mal l’approche d’une main qui vient, même amicalement, à son contact.

Le chien hyper protégé. 
Le chien n’est pas un enfant qu’il faut protéger des grands. Le chiot a acquis des codes pour communiquer avec ses congénères, et devenu chien il est désormais à même de gérer les contacts avec ses congénères. Il est notamment plus compétent que le maître pour désamorcer un conflit, pourvu qu’il soit libre de s’exprimer (voir comment le chiens'exprime et les signaux d'apaisement). Si on lui interdit, ou si on bride les échanges avec les autres chiens (en bout de laisse ou dans les bras), on le réduit à s’exprimer en grognant. Le fait que chaque rencontre est ainsi évitée ou interrompue, renforce le grognement. Et de proche en proche, avec la protection de son maitre,  le chien va devenir agressif, et ses menaces de plus en plus virulentes. Il devient alors un roquet pour la société. Il devient aussi un danger pour lui-même car un jour ou l’autre, sans la protection de son maître, il rencontrera un chien plus fort que lui et fatalement le menacera.

Le chien agressif. 
Essayer de retenir le chien agressif à l’égard d’autres chiens  va à l’encontre du but, louable, recherché. Le maitre donnant à son chien des claques ou des secousses au collier, n’a pas la puissance nécessaire pour que ce soit ressenti comme une sanction. C’est au contraire ressenti comme une participation encourageante. Cela renforce  donc le comportement agressif du chien. Comme d’habitude pour le chien, ce comportement indésirable doit sembler être ignoré .  Evidemment puis qu’il peut y avoir urgence  il faudra mettre en jeu un stimulus plus puissant que celui qui déclenche l’agression du chien : lancer d’un objet bruyant (genre bidon vide), d’un pétard, ou toute forme de «punition divine » disponible.

Le chien angoissé. 
Réconforter par une caresse un chien qui a, ou qui vient d’avoir peur de quelque chose ou d’une situation, augmente son angoisse, et renforce son comportement phobique. Là aussi, il faut adopter une attitude neutre pour dédramatiser la situation , et /ou si possible détourner l’attention du chien grâce à des stimulations plus fortes et plus appréciées : par exemple donner un ordre simple et habituellement agréable au chien, avec la promesse d’une bonne friandise ou d’un jouet en récompense.

Source : http://www.zenmonchien.com/pages/le-comprendre/page-9.html

- Remettre en cause le paradigme dominant - Par le capitaine Paul WATSON

"C’est une loi naturelle qu’à chaque action corresponde une réaction d’égale intensité. C’est vrai aussi pour les réformes sociétales. On ne peut pas espérer changer la société sans susciter de réaction. Agir, c’est pousser les autres à réagir. Si vous n’agissez pas, il n’y aura aucune réaction, mais on ne change pas un paradigme sans agir, et les paradigmes ne changent pas facilement, ni rapidement.

Le paradigme dominant du monde actuel, c’est l’anthropocentrisme. C’est la croyance que le monde réel est centré tout entier autour de l’espèce homo sapiens. C’est sur cette philosophie que se fonde la domination humaine sur la nature et les autres espèces.

C’est une philosophie à la fois arrogante et ignorante, bien qu’il soit difficile de la percevoir ainsi au sein d’une société qui considère sa relation aux autres espèces à partir d’une position de domination totale et complète. C’est un système de pensée relativement récent, qui s’est imposé au cours des 10000 dernières années contre la vision indigène du bio-centrisme, l’idée que les êtres humains font partie d’un tout, qu’ils sont égaux aux autres espèces.

L’anthropocentrisme est un système de croyances puissant, et c’est de fait la religion dominante du genre humain. Toutes les « religions » établies ne sont que des expressions de l’anthropocentrisme, car presque toutes les religions humaines placent l’homme au centre de la création, ou au centre de l’importance, et toutes les religions humaines modernes mettent l’humanité à part du reste du monde vivant.

Pour cette raison, toute remise en cause de la conception du monde dominante va entraîner une réaction, et cette réaction s’exprimera à travers la critique, allant d’exposés académiques oraux ou écrits jusqu’à l’expression orale et physique de la haine, et le degré de cette réaction est déterminé par l’intelligence des individus concernés. Un défenseur intelligent de l’anthropocentrisme réagira en soutenant sa position par une argumentation raisonnée, alors qu’une personne moins intelligente réagira par des aprioris, de la peur, de la haine et de la colère. Il est constructif d’entamer un débat avec un contradicteur intelligent, mais on ne gagne rien à débattre avec un contradicteur moins intelligent, ni même à y prêter simplement attention.

  • Face à ce dernier, réagir serait une perte de temps, et ce n’est pas une nécessité.
  • Lorsque nous remettons en cause le paradigme dominant, nous devons anticiper les réactions, et donc prendre garde aux agressions physiques ou aux agressions qui menacent notre liberté. On peut cependant ignorer et laisser de côté toute rhétorique vide de sens.


Pendant n’importe quelle campagne, les contradicteurs ignorants s’effaceront peu à peu si on ne leur prête pas attention. Les contradicteurs intelligents fourniront un objectif utile pour nous aider à établir un cadre pour la compréhension du bio-centrisme parmi la communauté anthropocentriste.

Quant aux aprioris, à la haine et à la colère, ils ne doivent se heurter qu’à un mur de silence.Si vous remettez en cause le paradigme dominant, vous devez vous attendre à plusieurs types de réactions. La remise en cause entraîne une réaction, mais il n’est pas nécessaire de répondre à cette réaction. Répondre c’est réagir et, c’est par nature une action défensive. Celui qui plaide pour le bio-centrisme doit toujours rester dans l’offensive, il ne doit jamais être sur la défensive, c’est pourquoi il faut obliger les partisans du paradigme dominant à défendre leur système de croyances contre nature. Le paradigme bio-centriste n’a aucunement besoin d’être défendu, car il représente l’ordre naturel des choses, régi par les lois de la nature et de l’écologie.
Une des raisons pour laquelle les Verts sont devenus les nouveaux Rouges, c’est que l’écologie et les droits des animaux sont tous deux des valeurs bio-centriques extrêmement fortes, acceptées et même adoptées par un nombre croissant de personnes, si bien que, peu à peu, ces deux idées commencent à constituer une menace.


C’est pour cela que ceux qui militent pour l’écologie et les droits des animaux sont considérés comme une menace plus grande que des militants religieux ou politiques.
Un anthropocentriste de religion chrétienne a plus de choses en commun avec l’anthropocentriste de religion musulmane, et donc il le comprend mieux. Ils peuvent se trouver en opposition violente sur les questions théologiques, mais ils partagent un système de valeurs commun. Par contre tous deux considèrent les bio-centristes comme une menace contre leurs valeurs communes anthropocentristes.

Et voilà que, étrangement, nous voyons les écologistes considérés comme des pirates, avec Sea Shepherd qui a été cataloguée « PIRATE » par un tribunal américain pour s’être opposée à la chasse illégale à la baleine, et Greenpeace classée « PIRATE » par les Russes, pour s’être opposée à la destruction de l’écosystème de l’océan Arctique.


Le paradigme dominant de l’anthropocentrisme décochera ses flèches accusatrices contre les bio-centristes, en les qualifiant d’éco-terroristes, activistes, pirates, radicaux, extrémistes.

Peu importe qu’aucune personne n’ait jamais été blessée par un écologiste ou un militant des droits des animaux, ou que ceux qui portent ces accusations soient des promoteurs de la destruction.

  • Au sein d’un système anthropocentrique contrôlé par des médias anthropocentristes, la non-violence est considérée comme de la violence, et la violence est considérée comme de la non-violence.

C’est pourquoi une réaction violente aux conceptions adverses, qu’elles soient anthropocentristes ou bio-centristes, est toujours justifiée. Les bûchers où l’on brûlait les sorcières en Europe n’ont pas été remis en cause à l’époque, parce que les sorcières, par le simple fait de leur existence, représentaient ce que les anthropocentristes considéraient comme de la violence. Ils scandaient « Ne laissez pas une seule sorcière en vie », car leur simple existence était une menace contre leur conception du monde. La même chose vaut aujourd’hui pour quiconque ose mettre la nature au même niveau que la mythologie dominante de l’humanité.


S’opposer à l’abattage des arbres, à la pêche, à la chasse aux baleines ou aux phoques, aux forages pétroliers, c’est assumer le rôle de sorcières modernes, et provoquer la colère des foules menacées par des idées qu’elles jugent aliénantes.

  • J’ai lu récemment un éditorial dans un journal australien, le Telegraph, qui accusait Sea Shepherd d’être une organisation violente qu’il fallait « anéantir » et qui disait que les Japonais devraient couler nos navires avec tous ceux qui se trouveraient à bord. Pour quelle raison ? Parce que nous sommes « violents ».

Cette « violence » n’a rien à voir avec le fait de blesser ou de tuer, ni même de nuire à la propriété privée, car personne n’a été blessé et aucune propriété n’a été endommagée. Dans leur esprit, la « violence » c’est simplement la nature de nos pensées et de nos points de vue, la menace que nous créons par la philosophie que nous adoptons.

C’est pourquoi appeler à la mort de militants non violents est considéré comme une position justifiée et socialement acceptable.

Les Russes ont même accusé Greenpeace d’être une menace pour l’écosystème de l’Arctique, parce qu’ils se sont opposés aux forages pétroliers dans l’Arctique.
L’anthropocentrisme peut être défini comme la folie écologique de l’humanité.

  • Remettre en cause un paradigme sociétal puissant, s’y opposer et le vaincre, cela nécessite une patience phénoménale. Un système de croyances maintenu par une psychose collective de masse est une force sociétale puissante.


Ce qui est extraordinaire, c’est le progrès incroyable fait au cours des quarante dernières années. Il y a quarante ans, personne ne savait ce qu’était un végan, on n’avait jamais entendu parler de réchauffement climatique, et la chasse, la pollution et le déboisement des forêts ne suscitaient aucune controverse.

Nous ne pouvons pas espérer renverser en une nuit les piliers de l’anthropocentrisme, mais nous progressons, et des idées comme l’écologie profonde, les droits des animaux et le statut légal des espaces sauvages sont devenues des idées qui gagnent de plus en plus d’adeptes chaque année.

Les quatre vertus nécessaires pour vaincre le paradigme dominant sont

1 – la Patience 2 – l’Imagination 3 – la Passion 4 – le Courage.

Etre bio-centriste, c’est accepter la réalité du continuum de la vie, et l’idée que chacun d’entre nous baigne dans ce continuum pour un temps limité, et que pourtant nous faisons partie d’un tout bien plus grand que nous-mêmes en tant qu’espèce, nous faisons partie d’un réseau complexe de diversité qui permet la perpétuation de la vie sur cette planète.

C’est comprendre que toutes les espèces sont interconnectées, que cette interconnexion est la base de la biodiversité, et que cette biodiversité permet à l’interdépendance de se perpétuer.

Plus cette idée gagnera de terrain, plus l’opposition aux comportements destructeurs anthropocentristes sera forte. De plus en plus de gens se dresseront contre les Goliath de l’apocalypse, ceux qui tirent profit de la destruction. Les partis politiques Verts deviendront plus forts, l’action militante remportera de plus en plus de succès, et les pensées et actions actuellement considérées comme extrémistes deviendront majoritaires.

Je crois au pouvoir des mouvements, et je crois au pouvoir des idées pour donner du pouvoir aux mouvements, et j’ai vu émerger un mouvement puissant au cours des quarante dernières années, qui devient chaque année plus fort, et ce mouvement c’est la résurrection du bio-centrisme et l’évolution croissante de la compréhension de l’écologie profonde."

Source: http://dans-la-gorge.over-blog.com/-remettre-en-cause-le-paradigme-dominant-par-le-capitaine-paul-watson

Comment mon chien m’aime-t-il ?

         Comment mon chien m’aime-t-il ?

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Ou encore : « Il va me détester »,  « Il va se sentir seul /mal-aimé/abandonné», « Il s’est vengé », «  Il va penser que …».

STOP. Arrêtons-nous là de suite. La liste est interminable. C’est toujours assez impressionnant le nombre de fois où nous tombons dansl’anthropomorphisme pour parler de nos animaux pour dire : mon chien m’aime, mon chien ne m’aime pas, etc. Je crois que je ne le répéterai jamais assez. D’ailleurs, qu’ils soient chien, chat, cheval, lapin ou que sais-je encore. Nous sommes tous déjà plus ou moins passés par là.

Comment ça, non ? Etes-vous en sûr ? Pas même pour plaisanter ? Mouais mouais mouais, c’est ce qu’on dit ! … Détendez-vous nous ne sommes pas là pour le vérifier ! 

Vous allez me dire : « nous aimons vraiment nos chiens, sinon nous n’en n’aurions pas !». C’est une évidence pour la majorité d’entre nous. Pourtant, c’est là que le bât blesse ! Car je répondrais volontiers qu’on peut aimer (verbe typiquement humain) nos compagnons sans tomber dans les pièges d’une relation truffée de déséquilibres ici et là.

Ca y est. J’entends déjà la foule de lecteurs (ou presque, roh, on peut rêver !) huer mes propos.  Mais qu’est-ce que ça veut dire tout ça ?!

Dogfashion - alapucealoreille.fr

Eh bien tout simplement, que certains de nos amis à 4 pattes sont bien malgré eux les « victimes [1] » de notre société actuelle et de ses maux. Nous tendons à les utiliser davantage :

chien poupée - alapucealoreille.fr

-          Pour combler un manque affectif (« chien-enfant »).

-          Pour jouer à la poupée (« chien-objet »). 

-          Pour améliorer notre image (« chien-pub »).

-          Etc,…

Sauf qu’au final, l’Homme ne fait que dupliquer avec son compagnon ce que notre société fait de lui : il se l’approprie, l’assujetti, l’utilise et parfois même, le jette(pardon du politiquement incorrect).  Et après, il s’étonne des comportements « déviants » de sonanimal-chéri. Or, s’il y a bien quelque chose que les gens occultent volontiers, c’est que le chien qui subit ce type de mode de vie finira sans doute par développer un ou plusieurs troubles du comportement et/ou de la cognition [2]. Par exemple, les léchages intempestifs d’une partie du corps, des destructions d’objets ou de matériel, …

Toutefois, des choses basiques sont très efficaces pour obtenir une relation des plus saines et des plus complices !

aime chien - alapucealoreille.fr

Par exemple :

  • Ne pas oublier qu’un chien est attaché à son maître, ou à la famille dans laquelle il évolue. Certes, de façon plus ou moins forte, mais c’est bien différent du sentiment humain que l’on nomme Amour
  • Ne pas se dire qu’il souffre de règles à respecter : les règles de vie lui servent de repères fiables et sécurisants lorsqu’elles sont mises en place de façon douce et positive ! 
  • Ne pas oublier qu’il oriente ses actions en fonction de ce qui satisfera sesbesoins, sur le mode du plaisir/déplaisir ou bien confort/inconfort. Et ce qu’il considérera comme lui procurant du plaisir ou du déplaisir ne correspondra peut-être pas à vos souhaits ! Vous n’avez jamais pesté contre votre chien qui adoooore patauger dans la boue 5 mètres avant de remonter en voiture ?A l’inverse, ce qui vous procure du plaisir à vous n’en procure pas forcément à votre chien. Si l’on parle du petit bout de viande ou de restes de votre repas qui finissent directement ou non dans l’estomac de votre chien, certes il manifeste de la joie et de l’excitation. Mais au fond, quoi de mieux pour faire une entorse aux règles hiérarchiques et générer une forme de stress ?
  • Ne pas oublier qu’ils n’ont pas le même mode de compréhension, ni de penser , ni les mêmes notions de bien et de mal que nous. Donc faire à vos chiens des déclarations d’amour ou bien le sermonner par des phrases longues comme le bras, en pensant que votre chien ne vous aimera pas moins grâce à ça être moins sévère, demeurera un acte totalementinefficace
  • Sans compter que les chiens n’aiment ni nécessairement être caressés ou câlinés, ni diriger à tout va. Et qu‘ils n’auront juste une envie si vous êtes en permanence sur leur dos pour un oui ou un non : être tranquilles et faire leur vie (pour la complicité on repassera …). Eh oui, les gros câlins à outrance tout comme « Tu t’es sauvé(e), je te rattache la laisse c’est bien fait pour toi, tu es puni(e)», les « fais pas ci, fais pas ça », « Pas toucher à ceci ou cela », etc, sont nocifs à la bonne relation avec votre animal.

Bref, ce serait tellement si simple si le monde du chien (pour ce qu’il en est ici) se résumait à nos propres idées, émotions et fonctionnements. Le plus exceptionnel serait s’il pouvait pallier nos carences affectives et pourquoi pas réparer toutes nos blessures intérieures (se sentir moins seul, combler une absence, se sentir en position de contrôle et de force lorsqu’on ne l’est pas par ailleurs, etc).

Malheureusement, il n’en n’est rien. Pour bien vivre ensemble il est impératif d’en prendre conscience.  Ou alors les peluches sont des partenaires du genre plutôt idéal…


[1] Attention : Par « victime », il n’est pas question ici de maltraitance, de manque de soins ou d’attention. Simplement du constat qui est tiré que de plus en plus de chiens ne sont plus traités pour ce qu’ils sont.
 
[2] La cognition est l’ensemble des processus mentaux relatifs à la connaissance tels que la perception, la mémorisation, le raisonnement, la résolution de problèmes et les processus de la pensée au repos.

Source: http://alapucealoreille.fr/blog/autour-du-chien/chien-aime-homme-anthropomorphisme-2199

Vraiment trop bête !

 

LE DOGME DE LA SUPÉRIORITÉ DE L’HOMME SUR L’ANIMAL

L’idée que l’homme est supérieur à l’animal est devenue une vérité universelle et un dogme profondément ancré dans la psyché collective au point que personne ne songe à la contester ou la remettre en cause. L’anthropocentrisme fait aujourd’hui partie de ces lieux communs les mieux partagés, un argument ad hominen et une pétition de principe aussi bien dans les techniques argumentaires, dans les discussions philosophiques et dans les débats publics. Il faut rappeler que l’anthropocentrisme est d’abord une idéologie forgée par les religions avant d’être adoptée et reprise par les rationalistes et les évolutionnistes des temps modernes, cartésianisme, leibnizianisme, philosophes du siècle des Lumières, kantisme, hégélianisme, darwinisme, spencérisme social. L’influence de l’anthropocentrisme a considérablement entravé toute discussion sur le statut de l’humain au sein de l’univers et de sa place parmi les autres espèces vivantes.

Aujourd’hui, à l’heure du bilan catastrophique provoqué par la présence anthropique sur la surface de la terre (explosion démographique, guerres, capitalisme mortifère, pollutions, lutte pour l’existence, compétition, destruction de l’environnement, disparition d’un pan entier d’espèces animales et végétales, massacre planétaire des animaux, gaspillage des ressources naturelles, fétichisme de la marchandise, aliénation universelle, abrutissement des masses, etc), il est urgent de jeter un regard objectif sur un être présenté comme une belle merveille de la nature alors qu’il s’est révélé comme un être cauchemardesque et une véritable anomalie de la nature. Le temps est venu pour réécrire une nouvelle page d’histoire du genre humain à l’abri des lunettes déformantes de l’anthropocentrisme, du parti pris idéologique et politique de l’humanisme ambiant, des clichés et des stéréotypes véhiculés par les curés et les prêtres de l’idéologie capitaliste dominante(philosophes, scientifiques, biologistes, paléontologues, etc). Il est temps de déboulonner la statue de ce dieu vivant qu’est l’homme pour en finir une fois pour toutes avec la légende de l’homo sapien et le mythe de la supériorité de l’humain sur l’animal. il est urgent de remettre l’homme à sa vraie place en faisant entendre un autre son de cloche et une autre voix discordante et en criant haut et fort : assez d’anthropolâtrie pour un être connu pour sa fourbe, son intrépidité et sa cruauté. Les adeptes de l’anthropocentrisme et de l’évolutionnisme, ceux qui se sont un peu vite prosternés devant cette soi-disant merveille de la nature, vont sûrement s’en offusquer et crier au scandale, à la haine et à la misanthropie, mais ces crédules d’un autre âge feraient mieux de se raviser et de mettre le nez dehors pendant cinq minutes pour voir comment les êtres humains se comportent et réagissent face à certains événements avant de se rendre compte par eux-mêmes de la farce et de l’imposture de la légende de l’homo sapien et de l’odyssée de l’espèce. En effet, le phénomène de massification des sociétés actuelles témoigne du décalage entre la fable de l’homo sapien et la réalité vécue et observée, car nous avons affaire en l’espèce non pas à des hommes qui pensent quand ils parlent mais à des individus émotifs mus par l’instinct, des manipulés et des décérébrés qui attendent impatiemment les ordres de leurs meneurs et qui obéissent à l’œil et au doigt en se laissant mener par le bout du nez soit pour faire des guerres soit pour l’enregimentation dans des camps de concentration spécialement aménagés pour l’exploitation de leur force de travail et de l’extorsion de la plus-value, sans se douter un seul instant qu’ils sont victimes d’une manipulation psychique et mentale. Nous avons peine à croire que ce sont des êtres humains qui se laissent conduire sur les champs de bataille comme on conduit les animaux aux abattoirs, pour tuer et se faire tuer sans broncher que leur corps servira de chair à canon. Pendant les rares périodes de « paix », nous avons peine à croire que ce sont des êtres humains qui deviennent des machines à produire et à consommer et qui se transforment en robots télécommandés à distance, embrigadés et enrégimentés pour exécuter leur vie durant des travaux abrutissants, routiniers et monotones en bousillant leur santé et en se sacrifiant sur l’autel des profits et pour l’enrichissement d’une poignée de prédateurs et de rapaces capitalistes.

LES DEUX « ARGUMENTS CHOCS » DE L’ANTHROPOCENTRISME

Pour affirmer la supériorité de l’homme à l’animal, les anthropocentristes sortent de leur chapeau deux « arguments chocs » à savoir (1) l’homme parle, l’animal pas ; (2) l’homme pense, l’animal pas. Prenons d’abord le premier critère distinctif, la parole, et posons-nous une question préalable destinée à clarifier les termes du débat : la parole de l’homme est-elle réellement le signe extérieur et la matérialisation par les mots et les sons d’une entité préexistante, la pensée? Il n’en est rien comme nous aurons l’occasion de le démontrer. Pour mieux comprendre ce que parler veut dire, il faut absolument larguer toutes les prénotions et tous les clichés et stéréotypes répandus par la linguistique générale notamment la linguistique saussurienne qui distingue entre langage et langue, laquelle est définie comme un système de signes exprimant des idées et l’acte de la parole comme un système des signifiants et des signifiés, de la substance et de la forme. En partant de la distinction saussurienne entre langage et langue, on peut affirmer que l’animal n’a pas de langue mais seulement un langage par lequel il communique avec ses congénères. Ce qui n’est nullement le cas de la langue qui est une création spécifiquement humaine, dotée de structures artificielles et conventionnelles et de règles grammaticales et lexicales dûment codifiées et agréées par des autorités établies. Créer une langue n’est pas à la portée de n’importe qui, une langue est d’abord affaire de groupes et de classes qui ont intérêt à se doter d’un support de communication spécifique destiné non pas à échanger des idées et des pensées mais à communiquer et à transmettre des ordres aux classes dominées. La fonction de la langue n’est donc pas de communiquer et d’échanger des messages comme le langage chez les animaux mais d’utiliser des mots et des images à des fins de manipulation mentale et psychique des hommes. La parole écrite ou parlée, les mots et les images servent d’abord et avant tout un pouvoir établi qui a besoin d’un moyen assez commode et sûr pour que les ordres donnés soient bien compris par leurs destinataires en vue de leur exécution en bonne et due forme. La codification des langues est une technique conçue pour donner plus de clarté et de précisions et plus de clarté aux ordres venant du haut de la hiérarchie sociale.

Les hommes ne sont pas tous égaux devant la parole et si tout le monde peut effectivement parler, n’importe qui ne peut pas dire n’importe quoi. Car, parler est aussi affaire de pouvoir et surtout le pouvoir de parler. Un pouvoir sans parole n’est plus un pouvoir, lequel a besoin de la parole, écrite ou parlée pour se faire sentir sa pesanteur. Parole et pouvoir sont de très vieux compagnons, l’un n’allant pas sans l’autre car l’un a besoin de l’autre comme son double. L’homme politique, qu’il soit despote, dictateur ou grand démocrate, n’est pas seulement un être doué pour la parole, il est aussi le détenteur de la parole légitime et le pouvoir pour définir la réalité. Certes, la parole de l’homme de pouvoir est une parole pauvre, elle est aussi parole efficiente, car elle a un nom commandement et obéissance. Prenons l’institution militaire où la parole, écrite ou parlée revêt une importance particulière. Si l’on se réfère à la définition saussurienne de la langue, la parole, écrite ou parlée, dans les casernes est un support de communication des idées et des pensées entre les soldats et leurs supérieurs hiérarchiques. Ce qui est faux, car une caserne n’est pas une enceinte de débats et de discussions entre soldats de base et ceux qui les commandent et la parole, orale ou parlée, n’est pas un outil de communication et d’échanges de pensées, mais un support de transmission d’ordres émanant du commandement à l’intention des exécutants de base, les soldats. Il y a tout lieu de penser que l’idée de codification des langues a été inspirée par l’institution militaire qui tenait à ce que les ordres soient bien compris et exécutés d’une façon machinale par les soldats de base et ce n’est pas un pur hasard si la codification des langues en Europe coïncide avec la formation des Académies militaires et les armées permanentes.

Prenons un autre exemple, celui de l’école. Les enfants qui entrent à l’école maternelle et primaire n’ont rien à communiquer à ceux qui sont chargés de les éduquer, car leur cerveau est une feuille blanche sur laquelle les éducateurs imprimeront la culture et les valeurs d’une classe dominante grâce à un long et patient travail d’apprentissage et d’endoctrinement. On ne peut pas dire que la parole enseignée aux enfants servira à développer leur cerveau mais à atteindre des objectifs inavoués: endoctriner, laver les cerveaux, inculquer des réflexes conditionnés et enfoncer à coups de marteau des leviers psychiques d’adhésion à un système et à un mode de production en rejetant toutes les autres conceptions politiques et idéologiques.

Prenons un troisième exemple, celui des camps de concentration spécialisés dans l’exploitation de la force de travail et l’extorsion de la plus-value. D’après le schéma saussurien, la parole est un instrument de communication entre le capitaliste et le salarié, ce qui est faux, car elle sert surtout et avant tout à commander à ce dernier et à le discipliner pour produire le maximum de profit.

Pour résumer ce qui vient d’être dit, la parole, écrite ou parlée, n’est jamais, comme semble l’admettre les anthropocentristes, l’expression d’une pensée logée dans le cerveau humain mais un instrument de manipulation psychique et mentale des hommes et un support de transmission des ordres des exploiteurs aux exploités. Si la parole humaine était réellement le véhicule d’une pensée préexistante, un homo sapien qui mérite ce nom n’accepterait jamais de se faire exploiter et de se soumettre à un pouvoir et à un exploiteur, la soumission et la servilité à l’égard d’une classe et d’un pouvoir sont la négation même de la pensée et de l’acte de penser. Un être humain soumis est par définition une personne qui a cessé de penser même si son cerveau continue à fonctionner. En définitive, il n’y a jamais de parole innocente ou de parole pensée, il n’y a que parole politique, c’est-à-dire parole manipulée.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

http://www.mecanopolis.org/?p=19460

Humain, trop humain ...

Traiter comme un chien

Il y a les gens qui n’aiment pas les chiens et qui en conséquence leur fichent la paix. Il y a les gens qui pensent aimer les chiens, et qui en achètent un pour lui imposer toutes sortes de traitements : le trésor sera couvert d’attentions, shampouiné, coiffé et parfumé, il ira partout dans la maison, aura sa vie, mangera le même menu que ses maîtres au même moment… Ces maîtres ont en général un chien qui obéit mal, qui ne tient pas en place et aboie sans raison. Ils ne comprennent pas : ils lui donnent beaucoup d’amour pourtant, et le traitent comme un membre de la famille… En vérité, c’est précisément pour ça que le chien est malheureux ! 

Les gens qui aiment véritablement les chiens mettent leur psychologie humaine de côté et s’efforcent de discerner les besoins de l’animal. En fonction de cela, ils établissent des principes, des règles fermes entre eux et lui. Le chien ne mange jamais avec eux, ne se promène pas librement dans les pièces ni sur les fauteuils, marche à leur pied, reçoit une punition lorsqu’il fait une bêtise, toujours la même. « Principes inhumains ! » disent les autres, qui ne comprennent pas que traité comme un humain, un chien n’a pas plus de raison d’être heureux qu’un homme qu’on fait manger dans une gamelle.

Principes inhumains, qui correspondent à ce que le chien demande : un cadre qui définit sans ambiguïté la place de chacun dans le rapport social tel qu’il existe dans les meutes. Un chien est dominant ou dominé ; il attend simplement qu’on active en lui l’une ou l’autre pulsion pour s’y consacrer une fois pour toutes. Placé en dominé, le chien obéit aux ordres et cela ne le rend pas malheureux le moins du monde. Pourvu qu’on se tienne aux rôles définis avec maîtrise et constance. Mais s’il n’est confronté à aucun dominant, le chien prend la place de lui-même : il accepte alors mal les directives. Bazardé de dominant à dominé en fonction de la situation et de l’humeur de son maître, il ne comprend plus. Quelques années à ce régime et la contradiction le mine et empêche son épanouissement. Les plus agressifs seront piqués, les autres garderont à vie ce regard rond de chien paumé, que leurs maîtres trouvent « mignon » mais qui au fond veut leur dire « putain mais qu’est-ce que tu fous ? ».

Dans la sphère humaine, les rapports et les comportements sont plus complexes que le schéma canin dominant/dominé mais le principe reste le même : ce qui est important, c’est de traiter l’autre tel qu’il est plutôt quel tel que nous le voyons. Le véritable respect, c’est de traiter son prochain, non pas comme un chien, maiscomme il convient de traiter un chien : c’est-à-dire en s’efforçant de le connaître dans son étrangeté, de comprendre son altérité et son fonctionnement au-delà des désirs et des aspirations qu’on formule pour lui.

On retrouve cette idée dans certains films à mentalité « samouraï » : plus que de justice, il y a une idée de justesse du traitement prescrit. Respecter l’autre, c’est lui appliquer en conséquence le traitement exigé, parfois au-delà de celui qu’il semble demander. Et à l’inverse, l’attitude – faussement tolérante et véritablement laxiste – qui consiste à passer l’éponge, laisser faire, peut s’avérerirrespectueuse. Accorder systématiquement l’excuse, pardonner d’emblée un manquement, fermer les yeux sur un mauvais comportement… C’est une certaine forme d’arrogance. On tolère pour autrui ce qu’on ne permet pas à soi. On le dispense de la morale à laquelle on s’astreint comme s’il n’en était pas digne.

Pitié, arrogance : le final de Dogville

Traiter d’égal à égal, ce n’est pas toujours renvoyer un sourire ou une tape dans le dos. Ce peut être punir le voleur plutôt que le dédouaner, combattre l’ennemiplutôt que l’ignorer, exclure un traître plutôt que le bouder, ou encore accepter la supériorité du plus fort, du plus brillant, se mettre sous sa protection plutôt que le nier ou le railler. Bref : prendre sa responsabilité.

Et l’irrespect, ce sont les flonflons de ces mauvais maîtres qui brisent l’identité de leur chien. Ces gens s’aiment eux, de manière tellement forte que leur corps ne suffit plus : ils ont acheté un chien comme extension d’eux-mêmes, pour déverser ce trop plein d’amour propre. Ils aiment tant leur nature qu’ils ignorent celle du chien et lui imposent la leur. En amour, en amitié, ils procèdent de la même façon : ils substituent à la personne de leur entourage un masque qu’ils ont rêvé de toute pièce, échafaudent pour elle des projets et des aspirations qui n’ont rien à voir avec ce qu’elle est vraiment, ruminent dans leur tête des vérités et des fantasmes qu’ils écrasent sur la figure des gens. Comme pour le chien, l’Autre est une extension d’eux-mêmes : un déversoir dans lequel répandre leur narcissisme débordant.

http://unoeil.wordpress.com/2010/09/24/traiter-comme-un-chien/

Imaginons .....

                      


 Imaginons un autre Monde...

                                                     

                                                                             Le 21 décembre 2010 par Michel Tarrier

 

Le même Monde, mais inversé, où nous ne serions plus dominants mais dominés par une autre espèce de grande taille, où nous devrions fuir, nous cacher, ne plus respirer quand l’autre se manifeste, où l’éviction au mieux, l’extinction au pire seraient nos seules issues. Un enfer. Mais le seul monde surnuméraire et qui nous surpasse est celui du microcosme ou des organismes unicellulaires, comme ces bactéries qui nous menacent de leurs 250 nanomètres chacune, ou des prions et des virus, réplicateurs (se reproduisant à l’identique) mais sans métabolisme.

Un autre Monde représenté par un quelconque animal…, nous sommes à tel point persuadés du bien fondé de notre positionnement sommital et glorieux au-dessus du Vivant que l’hypothèse fait rire, semble infantile, ridicule, décalée, si dérangeante qu’elle ne peut relever que de la fiction, du grotesque ou du surréalisme. On pourrait ainsi transposer le film d’Hitchcock Les oiseaux. Pour les autres espèces, nous apparaissons comme l’équivalent des oiseaux d’Hitchcock. Cette analogie fut judicieusement reprise par Tezuka dans un manga intitulé :Demain, les oiseaux, réflexion impitoyable sur le devenir humain une fois les oiseaux devenus bipèdes pyromanes et groupe dominant sur Terre, semant partout la dévastation de la terre brûlée. Notre spécialité. Dans cette parabole de la dégénérescence humaine, Tezuka nous montre sa vision fataliste d’une Planète condamnée par les inepties d’une espèce, l’oiseau de malheur, s’étant tyranniquement arrogé tous pouvoirs.

Le bonobo, l’orang-outang ou le gorille, l’un d’eux comme espèce invasive et de fourvoiement au sein d’une société humaine d’un effectif modeste, ça vous irait ? Il s’agirait finalement du même monde, toujours avec Homo sapiens surdoué, mais sans pétrole, non plus dopé par les énergies fossiles, la pétrochimie qui fit la révolution verte et la multiplication des pains (ce type d’âge d’or, ou plutôt de toc, les bricoleurs du monothéisme l’avaient prévu…), mais cette fois à hauteur de seulement un ou deux petits milliards. Avec quasiment les mêmes inventions, les mêmes avancées inventives, le même progrès, à quelques techniques près. Mais sur une Planète envahie, pour telle ou telle raison, par le fléau d’une autre grande espèce, disons les bonobos par sympathie et proximité spécifique. Imaginons nos plages et nos cités encombrées de bonobos, imaginons les bonobos envahissant la cité, s’infiltrant, se fourvoyant pacifiquement partout. 7 milliards de bonobos intrus … Ce n’est pas la Planète des singes, c’est notre Planète subissant l’inquisition insupportable du surnombre d’une autre espèce. Imaginons 7 milliards de rhinocéros, des rhinocéros envahissant nos hypermarchés, nos pitoyables animaleries. Notre impact sur les fragiles écosystèmes planétaires est celui d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Voilà ce que nous imposons à la biosphère, sans nous en rendre compte un seul instant, convaincu que cela est dans la raison écologique. Eh bien non, ce n’est qu’une erreur, c’est même l’erreur par excellence.

 

« La principale maladie de la planète, c’est l’homme. » Paul Émile Victor

« Je me demande quelquefois s’il n’aurait pas mieux valu que l’évolution s’arrête au niveau des papillons… » Hubert Reeves

« Seul parmi les animaux, l’homme a façonné son propre environnement. Paradoxalement, il a également été le seul à créer ainsi les facteurs de sa propre destruction. » Ernesto Sabato

« L’homme est un miracle sans intérêt. » Jean Rostand

 

 

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